Les pratiques des multinationales françaises sous la loupe de la justice

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Samedi 6 novembre 2004 - 8:03

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Thales. Le groupe d’électronique français Thales est, en Argentine, au centre d’une enquête ouverte sur des faits de corruption supposée intervenus lors de la vaste campagne de privatisations lancée dans les années 1990 par l’ex-président Carlos Menem. Le juge argentin Jorge Urso, chargé de ce dossier depuis le 10 juin 2004, a transmis à la France le 23 juin une demande de coopération judiciaire afin de vérifier les soupçons qui pèsent sur l’une de ses filiales, Thales-Spectrum, attributaire en 1997 de la gestion de l’espace radio-électrique argentin.
Fin janvier, le ministre de la justice de ce pays, Gustavo Beliz, a reproché à cette société d’avoir détourné “au moins 300 millions de pesos”, soit 79 millions d’euros. M. Beliz s’en est particulièrement pris à Jorge Neuss, représentant de Thales en Argentine, et proche de M. Menem. L’office anticorruption du gouvernement s’intéresse à d’éventuels versements de pots-de-vin à des proches de l’ancien chef de l’Etat. Le 28 janvier, Thales a démenti les accusations de corruption, les estimant “non fondées”.
L’actuel président argentin, Nestor Kirchner, s’est attaqué à plusieurs reprises aux entreprises, en majorité à capitaux espagnols et français, auxquelles le gouvernement Menem avait confié la plupart des compagnies et services publics. Début juin, il a critiqué, sans la nommer, une autre entreprise française, Aguas Argentinas, filiale du groupe Suez, qui alimente Buenos Aires en eau potable.

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