Les raisons de la popularité de Chavez

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Mercredi 10 janvier 2007 - 7:30

Un article du Monde à lire en entier.

Le Monde.fr : Les raisons de la popularité de Chavez, par Paulo A. Paranagua
[…]La deuxième raison est le climat d’intimidation et les pressions exercées sur les fonctionnaires, les employés des entreprises publiques et les bénéficiaires des programmes sociaux. Peu avant le scrutin, lors d’une réunion de l’encadrement à Petroleos de Venezuela (PDVSA), dont il est le PDG, le ministre de l’énergie, Rafael Ramirez, déclarait qu’il n’y avait plus de place pour les opposants ni pour les “ni-ni” (ni partisans ni adversaires). Revêtir la chemise rouge et participer aux mobilisations “chavistes” est une obligation à laquelle on ne saurait se soustraire, sous peine de perdre l’emploi ou l’aide publique. L’embrigadement rejoint ainsi le clientélisme.[…]

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4 commentaires pour “Les raisons de la popularité de Chavez”

  1. Victor a dit:

    Les faits cités sont interessants mais l’interpretation qui en est donnée est assez peu objective et certains sont contestables et facilement défendables.

  2. Patrick a dit:

    Je suis bien d’accord avec vous, Victor, ce ne sont pas les seules raisons de sa popularité. Mais la question qui n’est pas posée dans cet article reste en suspens.
    Est-ce que son élection n’est pas due à ces obligations et à ces trois raisons qui n’ont rien, vous en conviendrez, de très démocratique ? Y a-t-il confiscation de la démocratie ?

  3. Victor a dit:

    Ce sont des questions intéressantes. Je n’ai pas d’avis clair sur la question, malgré plusieurs années de vie a caracas et rencontrant régulièrement des gens des deux bords, dans la capitale comme en jungle profonde. Quasiment chaque semaine je suis amené a remettre en question mon opinion précédente, a cause de nouvelles infos ou de nouveaux points de vue. Chaque semaine je me dis “Ah oui, en fait c’est pas si simple…”.
    C’est aussi pour cela que j’ai limité les thèmes politiques sur mon blog.

    D’abord, je crois qu’il ne faut pas comparer les pratiques de chavez aux démocraties occidentales, mais plutôt aux gouvernements précédents de ce pays qui a une culture clienteliste ancestrale, sans parler de la corruption.

    Concernant le temps de parole des candidats et le budget de campagne, il ne faut pas oublier que les familles soutenant l’opposition sont démesurément riches. Ce sont elles qui avaient mis en oeuvre des moyens énormes pour collecter les signatures du referundum de 2004. Ce sont également elles qui possèdent ces fameux médias prives, tous anti-chavez. Certes, il les oblige a lui donner l’antenne durant des heures chaque semaine, mais le reste du temps, c’est de la propagande gratuite pour l’opposition. Je parle d’informations et d’actualités totalement orientées, d’émissions entières consacrées aux “réalisations” du gouverneur rosales, candidat de l’opposition. Ca ressemble parfois a des vrais clips vidéos, avec montage rapides, vues d’hélico, effets spéciaux, musique grandiloquente…
    Je trouvais que chavez abusait a force de mettre son portrait sur le moindre chantier financé par l’état. Puis j’ai découvert que dans l’état de zulia, le gouverneur rosales faisait exactement la mémé chose!

    Quand a la deuxième raison, que vous citez, c’est en fait bien plus grave que ça: Le gouvernement paie certaines personnes pour se rendre aux manifestations et aux discours. J’en avais longtemps entendu parler sans trop y croire avant de me le faire confirmer par une source très sure. Je ne sais pas dans quelles proportions cela se fait, mais ça existe et ce n’est pas marginal. Donc évidemment, les employés de PDVSA, l’institution phare du financement de la révolution, ont intérêt a montrer leur adhésion.
    Cela parait très choquant vu d’europe, mais il faut savoir que lors de la collecte des signatures pour révoquer chavez en 2004, l’opposition remettait a chaque signataire une petite carte bleue nominative, a la raison d’être assez vague. Il se trouve que certains employeurs (dans leur immense majorité farouchement anti-chavez) déclaraient a leurs employés que ce n’était pas la peine de revenir le lendemain s’il n’avaient pas la carte.
    Sale temps pour les ni-ni.

    La troisième raison, portant sur les listes électorales est extrêmement contestable. On nous donne comme exemple 1.3 millions de votants dont l’adresse ne figure pas sur les listes électorales. Ça me fait doucement rire. N’oublions pas que l’on parle du venezuela. Le bidonville de petare, à caracas, héberge à lui seul 2 millions d’habitants et ses rues n’ont pas de nom, personne n’a d’adresse. Quand je parle de 2 millions, c’est une estimation car lors du dernier recensement, 6 agents y ont été tués en 15 jours avant qu’il ne soit annulé.

    L’opposition a constitué un organisation civile “neutre” dont la raison d’être est de chercher la petite bête dans l’organisation des élections : SUMATE. Elle bénéficie d’énormes moyens, dont une part vient de la CIA, au nom de la liberté bien sûr.
    Connaissant leur goût pour les annonces aussi spectaculaires que creuses (aussitôt reprises par les médias privés et les partisans de l’opposition sans aucune vérification), je ne serais pas étonné qu’ils soient à l’origine de cette donnée ridicule.
    A votre avis, si on passe à la loupe les listes électorales françaises à la recherche de la moindre chose contestable, combien de millions d’inscrits peut-on déclarer comme “invalides” ?
    Sachant qu’ils n’ont pas passé en revue toute la liste, je suppose qu’ils ont enquêté, comme pour un sondage, sur quelques milliers d’inscrits choisis plus ou moins au hasard et qu’ils ont ensuite extrapolé, ce qui rend leurs résultats encore plus contestables.
    Ce qui est dit sur les colombiens dans l’article est un gros raccourci qui prete à confusion. Il sous entend que les personnes naturalisées ne devraient pas voter ?
    En réalité, leur situation est très complexe et le résultat est peut-etre pire que ce que l’on peut imaginer. Je développerais cela un autre jour. Déjà que j’écris plus sur le blog (très intéressant) de patrick que sur le mien…
    Et encore, je n’ai pas abordé le theme du clientelisme.

    Bref, le Venezuela a un passif et une culture bien particuliers qui font qu’il faudrait clairement redéfinir les termes de “démocratie” et “popularité”, qui ne sont visiblement pas les memes sous nos froides latitudes.

  4. Patrick a dit:

    Oui, en somme la démocratie est-elle soluble dans les climats tropicaux, c’est une question qu’il y a trente ans, lors de mes premiers pas dans ces pays, je me suis déjà posée.
    Avec le temps, on finit par s’apercevoir que ce n’est là qu’une vague réponse que l’on donne à ce qu’on a du mal à appréhender.
    Il est vrai que le clientélisme n’est pas une invention de Chávez, pas plus que la corruption. On peut regretter que la corruption n’ait pas baissé, bien au contraire, et que le clientélisme soit plus présent que jamais.
    Ses opposants sont immensément riches, c’est vrai, ne vous faites pas de soucis, ceux qui l’accompagnent le sont aussi devenus.
    Pour aborder le thème du populisme, vous savez, là encore, je ne pense pas qu’il faille le redéfinir selon la température de nos froides latitudes. Du Général Boulanger à nos politiques actuels qui de plus en plus aiment à trousser leurs discours électoraux de ce condiment néfaste, il est de plus en plus présent dans le monde d’aujourd’hui.

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