Les vrais chiffres de l’inflation et la crise à venir
520 lecturesL’inflation en 2007 a été selon les employés démis de leurs fonctions à l’INDEC de 26 % en général et de 34 % pour l’alimentation. À mon avis, on est très proche de la réalité, beaucoup plus que les 8,5 % annoncé par le gouvernement.
On parle d’une prévision de 40 % pour 2008.
Bien entendu on peut rêver que tout cela soit faux, mais la réalité est là, bien présente.
Cela permet de ne pas affoler la population, et surtout de continuer à payer les intérêts de la dette renégociée. Plus de la moitié de celle-ci s’est faite en pesos et les intérêts sont de inflation + un petit pourcentage d’intérêts. ( Environ 2 % si ma mémoire est bonne).
Malgré cela, les intérêts de la dette ont été difficiles à payer ces dernières années et ne l’auraient pas été sans les 5 milliards de dollars prêtés par Chávez, par le Venezuela si vous préférez, à près de 10 % et en dollars. C’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace.
Il faudra les payer un jour ! Et pas seulement politiquement.
À la manipulation des statistiques officielles s’ajoute aussi la manipulation du budget. Une loi d’urgence économique qui dure depuis des années permet à l’exécutif de passer n’importe quelle somme d’une ligne budgétaire à l’autre, sans en faire la demande au parlement et sans contrôle à postériori.
On comprendra que, pour un investisseur, la visibilité même à court terme des données économiques essentielles n’est pas une partie de plaisir.
Puis il y a aussi la renégociation avec le Club de Paris. Il parait qu’ils la font en secret (article traduit du journal La Nacion et sans aucun intérêt). C’est pas gagné, car à moins de payer cash il faudra l’accord du FMI qui ne sera donné qu’après un audit du pays.
Adieu les beaux chiffres qu’on présente allègrement dans les réunions internationales.
Il y a aussi les hold out, 20 milliards de dollars non renégociés, les procès devant le CIADI pour non-respect des contrats de privatisation, et puis surtout le visage de l’agriculture du pays qui en train de changer de manière significative.
Les vaches laitières à l’abattoir, des prairies entières autrefois destinées à l’élevage extensif qui disparaît au profit du soja, les maraîchers qui veulent la même rentabilité à l’hectare que les producteurs de céréales. Et sans politique agricole, sans incitation à conserver les activités traditionnelles.
Alors une crise à venir ?
Une de plus, c’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que le pays est riche. On utilisera d’autres remèdes de cheval toujours aussi favorables aux uns plutôt qu’aux autres et l’on continuera à croire que ces remèdes donnés à un malade doivent perdurer, on augmentera même la posologie (on appelle cela ici approfondir le modèle), pendant la convalescence et la période de récupération, cela jusqu’à la prochaine crise.

5 février 2008 at 9:47
c’est deprimant, d’ou tu tiens ces informations?
5 février 2008 at 10:05
Elles sont partout disséminées dans la presse
déprimant oui, mais bon… on a l’habitude par ici
par exemple :
http://www.lanacion.com.ar/984071
5 février 2008 at 10:07
même dans la presse qui soutient le gouvernement
http://www.pagina12.com.ar/diario/economia/2-98187-2008-01-30.html
5 février 2008 at 12:06
Très, très, très, très bonne analyse économique !
Eh ou, la manipulation des indices et des chiffres économiques est devenu une mode institutionnelle dans de nombreux pays.
5 février 2008 at 12:17
Merci Pasinul, un compliment en provenance d’un banquier, je vais le mettre sous cadre
5 février 2008 at 13:35
A oui il me semblait bien que cette tete me disait qqch. C’est Bouton en vert.
5 février 2008 at 14:43
On s’en doutait un peu, mais couché sur le papier ça fait mal à lire et puis ça dépasse mes espérances les plus péssimistes ;-)! Enfin vaut mieux ne pas trop se bercer d’illusions.
6 février 2008 at 10:03
Ce serait marrant d’apprendre que Bouton est en Argentine… On a déjà connu Boucheron.
8 février 2008 at 7:29
L’Argentine refuse toujours les audits du FMI…
Pas étonnant et on sait pourquoi.
[ 07/02/08 - 15H21 - AFP ]
L’Argentine a annoncé jeudi son refus de laisser le Fonds monétaire international (FMI) procéder à des audits sur l’état de son économie, en vue de la renégociation de s…