L’histoire argentine à l’aune de la psychiatrie
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La justice, en la personne de la juge Servini de Cubría, vient de remettre le faux passeport d’Adolf Eichmann au Musée de l’Holocauste de Buenos Aires. Ce passeport lui avait permis d’entrer en Argentine et d’y résider jusqu’à sa capture en 1960.
Nous ne reviendrons pas sur cette histoire qui a terni les relations entre l’Argentine et Israël durant de nombreuses années. En faisant quelques recherches sur internet ce matin, et afin de trouver quelque chose à dire qui ne soit pas la répétition de ce qu’on trouve dans la presse locale, je suis tombé sur un article remarquable sur le site d’Eduardo Mathieu à propos d’une thèse de Roger Zagdoun et qui a pour titre :
L’ARGENTINE : DE LA DÉPRESSION PSYCHOTIQUE AU DÉLIRE PARANOÏAQUE ?
En voici un extrait, mais je vous recommande de le lire en entier :
[…]Répression en Argentine : Videla, les militaires et l’oligarchie latifundiste
Le personnage d’Eichmann trouve son pendant indigène dans le personnage de Videla, homme très pieux et respectueux du règlement, qui accomplit “son devoir pour la patrie” (Seoane (M.), Muleiro (V.), El dictador. La historia secreta y pública de Jorge Rafael Videla, Editorial Sudamericana, Buenos Aires, 2001). Dans quel contexte politique arriva-t-il au pouvoir? On ne peut pas dire que l’Argentine du début des années soixante-dix puisse être décrite comme une société déprimée, car en 1975, avec José Ber Gelbard comme ministre de l’économie, elle voyait diminuer son déficit fiscal, le PIB augmentait de 5,2% et la distribution de la richesse permettait que la participation des salariés soit à hauteur du 36% avec une dette extérieure ne dépassant pas les 7.000.000 de dollars. Gelbard se payait le luxe d’ordonner aux entreprises de voitures américaines ou françaises installées dans le pays, d’exporter voitures à Cuba à prix coûtant sous la menace de nationalisations (Seoane (M.), El burgués maldito, Planeta - Espejo de la Argentina, 1998). Mais les deux branches internes du péronisme puissamment armées, à gauche avec Gelbard et à droite avec López Rega, un membre de la Logia P2, commençaient à se livrer une bataille sanglante et mortelle. La violence de cette lutte dont je fuis témoin, laissait des morts dans les rues et produisait une surpolitisation de la vie quotidienne en Argentine.[…]
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