Loja, Vilcabamba, Cariamanga (quatrième partie - au boulot)
230 lectures(Je viens de me rendre compte que la troisième partie, (postée cette nuit) de cette aventure était un peu courte. Pour les impatients que vous êtes, voici la quatrième partie)
Ce lundi matin, nous n’avions pas terminé de ranger notre stock de pièces détachées que les premiers clients commencèrent à arriver. Le garage était sympa, tout comme son propriétaire. Un grand terrain entouré de murs, quatre fosses côte à côte, deux pour nous, abritées des intempéries par un toit en tôle ondulée.
Les règles étaient simples, l’huile pour le propriétaire du garage, notre mécanicien me faisait son devis que je négociais et expliquais au client potentiel. Les Equatoriens sont des gens foncièrement gentils et aimable, il est important de se comporter de la même manière, inutile donc de mettre notre caractériel et les clients en contact pour autre chose que les problèmes techniques qu’il savait remarquablement expliquer.
Je dois dire que tout se passa bien, il y eu du travail toute la semaine, plus que nos deux travailleurs pouvaient en accomplir, ils durent par deux fois passer une partie de la nuit au garage.
Gentillesse pour gentillesse j’avais même réussi à me faire prêter une automobile, ce qui nous rendait autonome.
Mais un phénomène curieux avait commencé à se produire, je m’y attendais. De magnifiques voitures, grosses BMW et autres, vitres noires, commencèrent à venir faire leur vidange au garage. J’en avais repéré 5 qui chaque jour venaient faire une vidange. On a beau utiliser son véhicule de la manière la plus contraignante possible, une vidange par jour, ça laisse un peu rêveur.
Les propriétaires de ces monstres, descendaient de voiture, et observaient, faisant tinter leurs différents colliers et gourmettes en or. Ils avaient aussi de splendides lunettes de soleil, sans doute pour ne pas être éblouis par la quincaillerie qu’ils portaient.
Ce fut ensuite, le mercredi matin, le chef de la police qui vint me voir. Il salua avec énormément de considération l’un des propriétaires de BMW et me demanda si je pouvais lui vendre deux amortisseurs de 504.
C’est pour vous ou pour la police lui demandais-je, au courant depuis fort longtemps des pratiques locales. C’est la police qui paye, me dit-il, nous avons notre garage et pouvons installer ces pièces, mais les faire venir de Quito, c’est un peu compliqué, je peux vous régler en espèces, prétextant une urgence, si vous avez de quoi faire une facture, mais bon faut voir… Nous avions bien sûr de quoi, et, l’emmenant un peu à l’écart, je lui demandais : les deux amortisseurs valent tant, la facture pour combien vous la voulez.
Chaque pays à ses règles, en Équateur ou bien on est couillu ou bien on est foutu. Il faut faire le premier pas, ils ne le feront jamais et vous ne comprendrez jamais, non plus, pourquoi vous ne faites pas d’affaires.
Ceci étant dit, c’est toujours une petite montée d’adrénaline à ce moment précis.
Je rédigeai donc, conformément à sa réponse, la facture pour le double du prix, il me paya ce qu’il me devait, je m’étais fait un copain.
En partant il me dit : Patrick, vous savez, ici, tout le monde vit correctement, on a dû vous raconter à Quito que la région était infestée de trafiquants de drogue. Moi, ce que je puis vous dire c’est qu’ici à Loja nos enfants n’ont jamais été sollicités par ces gens là. Que voulez-vous, le pays est pauvre, ce sont des commerçants comme d’autres et sans eux l’économie de cette petite ville abandonnée dans la cordillère s’écroulerait totalement.
Message reçu, lui répondis-je.
Il était temps que j’informe mes deux travailleurs de mon plan B. Mais à petits pas. Le premier contact venait de se faire. Le reste n’était qu’une affaire de patience, la balle n’était plus dans mon camp.
J’avais autre chose en tête. Ce matin, à l’hôtel, on m’avait donné une petite enveloppe qui contenait un tout petit billet : jeudi, 9 heures, ici, signé C.
(à suivre)

10 mai 2006 at 14:09
Une petite question (j’espère, pas indiscrète) : à quand remontent les faits que vous nous relatez si bien ?
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10 mai 2006 at 14:51
Fin des années 80
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10 mai 2006 at 18:23
On est en plein Mary Higgins Clark
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11 mai 2006 at 0:03
“Les propriétaires de ces montres, descendaient de voiture”
Ils avaient probablement des rolex, mais étant donnée la phrase je suppose qu’un ’s’ a été oublié
La suite, vite !
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11 mai 2006 at 0:53
Captivant!
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11 mai 2006 at 5:33
Merci Yeti, en fait c’est de ces monstres
je corrige
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11 mai 2006 at 11:51
[...] Ce matin, j’apprenais que la blogosphère avait failli être en deuil débarrassé de Daniel, mais malheureusement il est de retour, enfin ça ne va pas m’empêcher de dormir, car il ne faut jamais oublier que ‘JE SUIS FOU DE DANIEL‘, puis j’étais bien trop intéressé à lire le quatrième épisode des aventures de mon vieux, pour que cela change quoi que ce soit à ma vie, par contre ne l’appelez plus Zia, car maintenant c’est Artemisia, et n’allez pas exagérer en lui disant qu’elle est magnifique non plus, mais quel charme fou vous avez, enfin pendant ce temps-là Laure à envie de se raser la tête, ce serait assez comique je dois avouer, et pour répondre à Pascale non je ne danse pas nu, on a déjà assez vu d’horreur pendant la guerre, il n’est pas nécessaire d’en rajouter! J’ai oublié de vous le dire hier, elle est ici la célibatissime, (merci pour ta confiance), tiens hier je me posais la même question Bi sur Top Blogues, je pense que nous aurons bientôt des réponses en vrac sur ce sujet! [...]