Loja, Vilcabamba, Cariamanga (sixième partie, le claque)
446 lecturesMusique d’ambiance : indispensable
Le boui-boui se trouvait à l’extérieur de la ville, en pleine campagne, comme c’est souvent le cas dans ce genre de petites bourgades. Il nous fallut emprunter des chemins en terre, mais comme le plan était bien fait très rapidement nous avons découvert une bâtisse avec des lumières de toutes les couleurs qui entouraient une grande porte d’entée.
Navré, pas de lumière rouge pour les amateurs de clichés répandus, ici c’est Noël toute l’année, on décore les maisons closes de guirlande de grosses ampoules jaunes, vertes, bleus rouges, de tout ce qu’on peu trouver.
L’apprenti frétillait déjà, jeans et chemise blanche toute propre, récuré jusqu’au fond des oreilles, il m’avait même demandé de lui prêter un peu de mon eau de toilette dont il avait manifestement un peu abusé.
Je lui donnais mes dernières consignes, lui rappelant fermement qu’il devrait utiliser des préservatifs, et de ne rien faire avant que j’aie pu voir comment les choses se passaient à l’intérieur de l’établissement.
On était loin du One-Two-Two, du moins de l’idé que l’on peut s’en faire aujourd’hui. Le sol était en terre battue et avant d’arriver dans une grande pièce, peu éclairée, il fallait traverser un long couloir ou de multiples portes s’ouvraient sur des réduits comportant une minable paillasse et un lavabo dont la couleur originale avait disparu depuis longtemps.
La pièce principale était assez grande, il y avait une espèce de piste de dance au centre, des tables en bois, bancales pour la plupart, entouraient cette piste. Des Indiens assis, ponchos sur les épaules, consommaient de l’aguardiente locale et regardaient, l’oeil vide le centre de la pièce ou dansaient, seuls généralement, les produits consommables de l’établissement. Quand je dis consommable, vous aurez compris que ce n’est là, qu’une simple formule de style.
Notre arrivée surprit tout ce beau monde, mais sur un signe de tête de la madame de l’établissement qui vint se présenter à nous, tout ce beau monde reprit le chemin de ses pensées profondes.
Nous étions attendus. Cela me rassura. La vieille duègne en question, qui ne devait pas être accoutumée à remplir son devoir d’hôtesse de cette manière tous les jours, nous fit asseoir à une table, et immédiatement arrivèrent glaçons, Chivas et eau gazeuse. En s’asseyant à mes cotés elle me dit, Miguel arrivera plus tard, vous êtes ses invités, sauf pour les filles.
Je lui dis que nous étions venus pour le gamin, pas pour nous. Une fille gentille, lui dis-je, rien de compliqué, inutile de lui donner des goûts de luxe à son âge, ajoutais-je en plaisantant.
Elle partit d’un rire qui me glaça le sang. Elle était grande, maigre, le visage taillé à la serpe, il n’y avait rien d’autre d’une grande fenêtre qui donnait sur le néant dans l’ombre de son regard. Elle me donna les conditions tarifaires, l’équivalent de 8 francs par fille, et encore je devais avoir le prix pour étranger, et en partant me dit : Attendez de voir le spectacle, je suis sure que vous n’avez jamais vu cela !
Je pourvus le gamin de suffisamment d’argent pour assouvir ses besoins et puis nous commençâmes à boire en observant ce spectacle. Les Indiens levaient par intermittence leurs verres à notre santé, nous leur répondions de la même manière. De temps en temps, l’un d’eux se dirigeait vers la piste centrale, ayant choisi sa proie, et disparaissait dans l’une des cellules du couloir.
Une ambiance glauque sur fond de cumbia.
Brusquement tout s’arrêta, la musique lancinante des cumbia fit place à une espèce de calypso d’une sonorité dont je situais l’origine entre le Venezuela et Cuba.
La salle était totalement dans le noir. La lumière revint progressivement et nous livra deux splendides créatures emplumées comme dans un spectacle du Lido.
L’une était blonde comme les blés, de ces blondes latines à la peau odorante et dorée comme un croûte de gâteau de maïs à la cannelle et la seconde était noire comme l’ébène. Elles commencèrent à danser et à se dénuder, tout cela entre 50 centimètres et 3 mètres de notre table.
Rien de ce que j’avais eu l’occasion de voir et que je vis par la suite n’égala jamais ce spectacle érotique. Elles évoluaient, nus-pieds, sur un sol de terre battue, et terminèrent entièrement nues.
Épilation brésilienne commenta mon mécanicien, totalement subjugué.
Le reste du spectacle ne fut malheureusement pas à la hauteur du reste, mais je dois avouer que je n’avais vu une foule tant surexcitée et désireuse de lécher le goulot d’une bouteille de coca-cola avec lequel elles avaient simulé ou non une masturbation lente et profonde.
Bien entendu, malgré l’offre faite, nous déclinâmes l’invitation ce qui fit rire tous les clients de l’établissement qui attendaient ce moment avec impatience.
Après une dernière danse endiablée où il ne manquait plus qu’un sorcier pour égorger quelques poulets et en arroser de leur sang l’assemblée elles disparurent comme elles étaient parties.
Un moment après elles vinrent s’asseoir à notre table. C’est alors que je remarquais que notre blonde avait une balafre qui allait de la commissure des lèvres jusqu’au milieu de la joue. Elles m’expliquèrent qu’elles venaient du Venezuela, qu’elles étaient en quelque sorte punies, que Miguel les avait accueillies ici à la demande de leur patron pour une espèce de stage de rééducation en quelque sorte. Mais, dirent-elles, il était gentil, ne les obligeait pas à se prostituer, seulement à faire ce spectacle 4 à 5 fois par semaine. La balafre était aussi la conséquence de cette désobéissance dont je ne pus avoir de plus détail. Son amie noire, complice de ses exactions, l’accompagnait, mais avait échappé, par bonté d’âme j’imagine, à cette mutilation.
Lorsque Miguel arriva, elles se retirèrent. On vous a bien traité demanda-t-il, sans attendre vraiment la réponse ?
Vous êtes OK pour demain ?
On est d’accord, pas de problèmes.
On viendra vous chercher à l’hôtel, vers midi. Vous le savez certainement, nous allons vers Cariamanga, nous devrons vous bander les yeux, cet endroit doit rester secret. Veuillez m’en excuser par avance.
Il me donna la moitié de la somme promise, en guise d’acompte, puis en partant me dit :
Ne traînez pas, rentrez, vous avez maintenant beaucoup trop d’argent sur vous.
(à suivre)

14 mai 2006 at 12:53
Voila un rendez-vous du dimanche matin (le blog) bien plus intéressant que la Messe…
14 mai 2006 at 13:03
Vraiment très sympa comme récit… Quelle vie!
14 mai 2006 at 14:03
Tu joues le rôle de mentor pour le petit jeune, mais n’as-tu pas envisagé toi aussi de conclure une petite “alliance provisoire” avec ces deux créatures ?
14 mai 2006 at 14:11
Mais ma chère Samantha, l’histoire ne s’arrête pas là
14 mai 2006 at 18:20
Patrick, quand tu dis des trucs pareils, on bouillonne d’impatience!!!
14 mai 2006 at 18:28
Ouais, c’est ce qu’on me dit par courrier, va falloir que je transforme tout cela en scénario pour un film.
Pourquoi pas ?
15 mai 2006 at 0:53
“Da Patrick Code” (ou comment décoder l’Amérique du sud) avec Tom Hanks et Audrey Tautou.
15 mai 2006 at 6:29
Ca devient hot c’histoire!
15 mai 2006 at 21:52
[...] Bon, bon, bon, une journée sans moi et vous êtes perdu(e)s, moi aussi, mais j’ai apprécié le silence de mes mots et celui de mon esprit, en fait ce matin j’étais parti pour aller prendre un petit café, dans le petit resto du coin, et j’allais passer chez mon client, mais le hasard fait bien les choses, j’ai croisé mon mystérieux client qui m’a kidnappé et m’a dit vient, déconnecte une journée, comme par ailleurs il bloguera dans quelque temps je compte le pervertir! Enfin je veux en venir ou avec tout ça, d’une part j,ai passé un très bon samedi, je suis vraiment triste de ne pas avoir vu Bibi, ni Daniel, mais d’un autre côté je filer boudeur, donc je me suis réfugié dans ce que vous appelez le boudoir, j’ai donc eu la chance de discuter longuement avec Mathilde (d,ailleurs, depuis vendredi vous ne publiez plus miss), j’ai vu Pat, c’est vrai que t’es pas grand, j’ai vu aussi une petite souris, toute ravissante, ensuite j’ai croisé Zia on peut vraiment dire croiser dans ce sens… Bien sûr je ne suis pas allé vous voir en tant que charmeur, mais en tant qu’Horizon, donc la barbe de trois jours était voulue, peut être aussi que j’avais envie de jouer aux aventuriers dans la sixième partie de ses aventures, peut-être aussi que je m’en vais vers la fin d’une ère, en ayant le goût de dévorer la suivante sur un coin d’oreiller avec toi (t’es qui toi, c,est quoi ton IP?), ou peut être que contrairement à Julie, je me renie pour me faire plaisir… Moi aussi j’aurais eu envie d’offrir un bouquet de roses à Pascale, oui c,est clair, en plus cette inquiétude que vous avez éprouvé les filles, j,ai trouvé ça touchant, toi aussi cheese mais pas de bises, la tape dans le dos suffira… Zia en parle, et je veux mon billet pour radioHead, ça suffit là, je l’ai dit ‘JE SUIS FOU DE LADY GUY‘….Donc oui c’est vrai cela ne vous dit absolument rien de ce que j’ai foutu de ma journée… En tout cas ce que je peux vous dire c’est qu’aucun réseau sans fil ne passait, et oui le cellulaire a vibré dans ma poche, et je trouvais qu’il avait toute sa place dedans… Lylia… merci P.S. par l’Or: Horizon retrouvé! Il sera parmis vous dès 20h51. [...]