Loja, Vilcabamba, Cariamanga (troisième partie - Vilcabamba)
288 lecturesPas bien difficile dans une petite ville comme Loja de faire le tour des personnes dont la voix porte. Nous avions en l’occurrence l’aide précieuse de notre ami qui malgré ses colliers antipuce aux chevilles, peut-être bien grâce à eux, nous présenta dans la journée tout ce que Loja comptait comme gens importants. Rien ne fut oublié. Université, mairie, gouvernement provincial, hôpital, j’en oublie aujourd’hui. J’avais un discours bien rôdé, un mécanicien français de grand talent, spécialisé dans la voiture européenne, est dans vos murs pendant une semaine, profitez-en, cela fait des années que vous attendez cela.
Et comme tout cela était vrai, qu’on ne venait pas prendre le boulot d’un autre, je sentis que l’opération serait un succès. Je savais aussi que ce ne serait pas suffisant pour donner à mon ami la bouffée d’air nécessaire à un nouveau départ, mais vous, vous le savez, lui ne le savait pas encore, j’avais mon plan B.
La journée se passa donc en entretiens divers, que de personnages, combien ces petites villes perdues dans la cordillère ont conservé cette ambiance très 19e siècle, matinée un peu, bien sûr, d’une couche de modernité due à la télévision et aux feuilletons américains. On pouvait ainsi, reconnaître les adeptes de Dallas, qui se prenaient pour des hommes d’affaires avertis, ou bien ceux de la petite maison dans la prairie qui se croyaient encore des pionniers de la première heure et se lançaient dans des descriptions pittoresques des paysages environnants.
Nous terminâmes la journée dans une minuscule pizzeria, le seul endroit un peu in de la ville d’après nos amis, mais tout cela était bien triste comme un bouquet de fleurs fanées.
Seule Carole égayait cet endroit de son enthousiasme et de son sourire. Elle ne devait pas sortir souvent et je me félicitais intérieurement d’avoir insisté pour aller à l’hôtel.
Je les laissais partir et rentrai seul, n’ayant pas l’intention de montrer ou de partager la déprime qui s’était abattue soudainement sur moi. J’eus toutes les difficultés du monde à acheter une bouteille de whisky qui me tint compagnie une partie de la nuit.
Dimanche matin grand départ pour Vilcabamba,la vallée des centenaires. À cette époque ce coin perdu, à 1600 mètres d’altitude, était pratiquement inconnu des touristes. On m’avait parlé à Quito de personnes qui avaient atteint l’âge de 120 ans et plus même et qui vivaient dans cette région.
Je ne sais pas bien, à vrai dire, ce que je m’attendais à voir. Mais la curiosité est un vilain défaut. Des rues, avec des maisons basses, un climat idéal, sans trop d’humidité, pas d’activité. pas de commerces. Des personnes marchaient dans la rue, sans avoir d’objectifs bien précis. Des vieillards, assis sur un banc, devisaient s’échangeant une phrase toutes les quinze minutes.
On m’expliqua qu’ils ne buvaient que l’eau pure des rivières, se nourrissaient frugalement de céréales et de très peu de viande. Le paradis dit l’un d’entre nous !
Je compris à ce moment-là pourquoi l’idée du paradis m’avait toujours paru repoussante.
Aujourd’hui tout cela a bien changé dans ce petit coin, il y a des hôtels, de riches Américains y ont fait construire des maisons, il y a des commerces, de nombreuses sectes y sont implantées.
On ne s’emmerde plus au Paradis, c’est déjà cela de gagné et puis il est fini le mythe du bon bon sauvage, qui ne pense qu’à faire pousser ses légumes, se lever au petit matin, se coucher avec le soleil. Il faut qu’ils triment nos futurs anciens centenaires, pour construire les maisons des millionnaires, pour travailler dans les boutiques de souvenirs, restaurants et fast food.
Je suis navré de cet aparté, mais quand on voit ce que le paradis attire comme énergumènes en tout genre on est quand même content de ne pas y avoir une place réservée.
Même sans savoir tout cela à cette époque, je ne trouvais pas le coin très avenant, je n’y avais pas vu de jeunes, ni d’enfants, il restait simplement les ruines d’une communauté paisible que sa progéniture avait tout simplement décidé d’abandonner.
Seule, Carole, qui certainement, à une autre époque, aurait été servante de la déesse Aphrodite, regardait tout cela d’un oeil qui ne concevait pas le bonheur sans passion, sans peine et sans souffrance, semblait partager mes mornes pensées ce jour-là.
J’aurais aimé être son Anchise” ((” Zeus décida un jour de punir la déesse des tours qu’elle jouait aux hommes et aux dieux en les animant d’un désir fou. Il lui inspira des passions torrides pour un berger du nom d’Anchise. Elle se rendit dans son plus bel apparat chez ce dernier, qui lui succomba sans difficulté (ne sachant toutefois pas qu’elle était déesse. Quand il le comprit, le lendemain matin, il fut pris de panique car le sort qui attendait ceux qui se joignaient à une déesse était la perte de la virilité !).
Mais tel ne fut pas le sort d’Anchise, Aphrodite lui donna un fils mais était honteuse de sa relation avec un mortel. Ce fils reçu le nom d’Enée, un nom qui signifierait la douleur et l’humiliation d’Aphrodite. Il fut l’ancêtre des Romains.“))”, elle s’en aperçut, elle le savait depuis longtemps, en fait elle me fit simplement comprendre qu’elle le savait.
Reste deux épisodes, qui ne sont pas encore écrits.
La semaine de travail et la visite faite à un lupanar très spécial.
La réalisation du plan B
Soyez attentifs.
Illustration sonore :

10 mai 2006 at 11:56
[...] C’est marrant chaque matin, mon train train reste le même, je vais regarder si celle qui a des papillons dans l’estomac a publié et, miracle, ce matin, oui, l’heure de publication est tout de même assez tard, je devais dormir du sommeil du juste, pendant que cet olibrius osait lui causer, ensuite un détour chez Marie la magicienne des mots, et la maman attentive, qui bien évidemment nous raconte une histoire d’enfant, un petit passage ensuite chez Mamzelle marie, pour lire des mots, et entendre parler de ma couleur préférée, dieu que j’aime le bleu, me noyer dans les yeux de mes enfants, m’en nourrir l’âme, et voir dans leur regard tant d’admiration pour le père indigne que je suis à certain moment, c’est beau un regard d’enfant, je garde bien sur le même regard qu’eux quand je me retrouve en Argentine, avec un troisième épisode tant attendu, et j’attends avec impatience, celui du Lupanar, car moi aussi j’aime les escaliers, mais comme MarieL je ne n’aime pas les faux-semblants, je les fuis, et pourtant parfois j’en suis le créateur candide, enfin que voulez-vous après un mois de délire sur l’horizon je suis encore célibataire, et moi ce n’est pas la moitié gauche de mon frigo, qui est en l’air mais mon appartement au complet, en quand on est nul en organisation, on est un ami de la Célibatissime, vous vous demandez encore pourquoi il n’y aura pas de 18 h 51 min et de 20 h 51 min! Peut-être parce que ‘JE SUIS FOU DE LADY GUY‘! [...]