L’Uruguay, la référence de qualité en matière de viande bovine
689 lecturesÀ l’exportation, en matière de vente de viande bovine de qualité à la coupe, chose impensable il y a quelques années, l’Uruguay dépasse largement l’Argentine.
Le mois dernier l’Uruguay en a exporté 24.749 tonnes contre 543,8 pour l’Argentine.
1.109 millions de dollars en 2006 c’est le record d’exportation de l’Uruguay en 2006 soit 24% de plus qu’en 2005.
Que s’est-il passé ?
Un importateur de viande demande trois choses, une qualité définie et constante, un prix et des approvisionnements réguliers. Les contrats se prennent pour des durées déterminées.
La dévaluation en Argentine, le peso vaut trois moins cher aujourd’hui, a eu des conséquences sur les prix locaux des produits exportables. C’est assez naturel, pourquoi voulez-vous qu’un éleveur vende 3 francs sur le marché local ce qu’il peut exporter à 10 francs ?
Bien sûr il a toujours ces bêtes qu’on n’exporte pas et qui alimentent le marché, mais petit à petit, c’est assez naturel, les prix ont dépassé ce que le gouvernement avait fixé comme seuil d’inflation.
Dans un premier temps, on a taxé la viande à l’exportation, mesure inefficace, ensuite on a bloqué les exportations.
Le résultat fut à la hauteur de la bêtise de cette décision. Contrats d’exportation rompus unilatéralement, les acheteurs se sont tournés vers d’autres fournisseurs plus sûrs, le Brésil en premier lieu et puis pour le nec plus ultra, le délice des palais, l’Uruguay.
Il faut dire que dans le même temps, la surface des terres destinées à l’élevage extensif diminuait au profit du soja transgénique, le nouvel Eldorado argentin.
Mais les éleveurs n’ont pas courbé l’échine devant l’ukase gouvernemental. Ils ont laissé leur viande dans les prés en attendant que la colère du Président se tasse. Ils n’ont plus alimenté les marchés comme celui de Liniers qui réalisait 30% des ventes du pays et que les fonctionnaires gouvernementaux entendaient bien contrôler et ont fait des ventes directes aux supermarchés.
Il en va de même aujourd’hui pour les fruits et les légumes dont la hausse des prix est incontrôlable.
PS : Le problème de l’inflation est minimisé aujourd’hui par des interventions diverses sur les statistiques fournies par l’INDEC, qui ne reflète plus en rien la réalité économique du pays. J’en parlerai dans un prochain billet

19 février 2007 at 13:05
Pour preuve Sodexho Peru, ne va importer que de la viande Bresilienne et laisser tomber la viande argentine beaucoup trop chere…
19 février 2007 at 14:57
“Le problème de l’inflation…ne reflète plus en rien la réalité économique du pays”
Malheureusement, en France aussi on connait une situation analogue, mais avec bien sûr des proportions toutes différentes.
Ca fait 20 ans qu’on essaye de nous faire croire qu’on a une inflation à 2%. C’est peut être vrai…Mais c’est à des années lumières de ce que ressentent les français.
Je voyais l’autre jour sur France 2 que par exemple en 4 ans, le prix de la baguette de pain à augmenté de 43%, le prix du kg de tomate, de 35% sur la même période etc. (je me souviens pas de tous les exemples, mais ils étaient assez nombreux)…
Le vrai problème du calcul d’inflation est qu’il correspond à un “panier” trop élargi qui permet de faire dire n’importe quoi à ce chiffre. Par exemple, il prend en compte le prix d’achat d’un ordinateur ou d’un téléviseur…Mais est-ce que le commun des mortels achete toutes les semaines ces produits ? non. Or ce sont ces mêmes produits, certes plus accesibles, qui font chuter le niveau de l’inflation à 1.5-2%.
Ce qui manque en France (notamment dans les médias), c’est la notion de “canasta basica”, qui est beaucoup plus en phase avec la réalité.
Bien sûr, si elle est reprise en faisant des trucages, ca a pas trop d’intérêts…mais à la base, l’intention est louable.
Et puis, bon, les arrangements de statistiques n’est pas non plus une spécialité argentine. Par magie, on réussit aussi à faire passer le nombre de chômeurs de 4 millions à 2 millions.
19 février 2007 at 15:02
Oui, oui JP mais ces derniers mois ils ont faits des miracles avec l’INDEC
Pour le chômage ici il y a plus d’un million de personnes qui recoivent 40 €/mois et qui ne sont pas dans les stats et à l’échelle du pays croyez moi c’est allucinant.
19 février 2007 at 18:00
Pour cette raison j’ai bien dit “avec bien sûr des proportions toutes différentes.”
Les 40€/mois correspondent aux plans “jefes de hogar” ?
19 février 2007 at 18:17
C’est cela, un peu moins en fait 150 pesos