Mercedes Sosa hospitalisée
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Elle est hospitalisée depuis cette nuit, vous vous souvenez de cela ?
Une déshydratation, rien de grave, j’espère.
ALFONSINA Y EL MAR Par Patrick Deville
Malgré les nombreux travaux qui lui furent consacrés ailleurs, dont ceux d’Arturo Cambourg Ocampo, pas un poème d’Alfonsina Storni n’avait été publié en France. Née en Suisse italienne en 1892, arrivée à l’âge de quatre ans en Argentine, Alfonsina fut comédienne à quinze ans, auteur à vingt-quatre d’un premier recueil écrit pour ne pas mourir… On songe à ces beaux destins de femmes dont l’Amérique latine ne fut pas avare, de Frida Kahlo à Tina Modotti. Personnage décalé, féministe au pays du machisme, institutrice pour enfants attardés, égérie des bibliothèques populaires du Partido Socialista de Buenos Aires, journalistesous le pseudonyme asiatique de Tao Lao, Alfonsina Storni avait vite abandonné ses premiers miels romantiques sous l’influence de la poésie moderniste de Rubén Dario. Elle allait déployer son talent au sein de ce qu’on appelait déjà, en Argentine, et dans les années vingt, el post- modernismo.
En 1920, elle dédie son recueil Languidez à Tous ceux qui, comme moi, n’ont jamais réalisé un seul de leurs rêves. Sa gloire est brutale et fragile, on la reçoit comme une diva dans les palaces atlantiques de Mar del Plata. À Buenos Aires, elle intègre le groupe de La Pena, qui se réunissait alors au café Tortoni, où selon sa biographe Susana Zanetti, il est probable qu’Alfonsina cantara algu?n tango. Là elle côtoie Borges, Pirandello, Marinetti…, puis rejoint le groupe Signo?s de l’hôtel Castelar, où elle rencontre Ramo?n Go?mez de la Serna,
Federico Garci?a Lorca… Alfonsina traverse souvent le Ri?o de la Plata pour Montevideo (et chante peut-être le tango au café Sorocabana, aussi bien qu’au café Tortoni ?). Elle devient l’amie de l’Uruguayen Horacio Quiroga. Puis très vite le vol du papillon bigarré s’alourdit et ralentit. La poésie de la dame brune se voile d’une douce et terrible noirceur, jusqu’à se laisser presque
toute envahir par deux images incessantes, la mer et la mort, la mort et la mer, leitmotive d’une inondation lente et inexorable des flots noirs, de Frente al mar (1919) à Un cementerio que mira al mar (1920), ou encore Alta mar (1934), et jusqu’au prémonitoire Yo en el fonda del mar…
En octobre 1938, Alfonsina Storni s’installe pour la dernière fois dans un hôtel de Mar del Plata. Quelques mois plus tôt, apprenant le suicide de Horacio Quiroga, elle avait écrit ce poème éponyme : Morir como tu?, Horacio, en tus cabales, Y asi como en tus cuentos, no esta mal ; Un rayo a tiempo y se acabo? la feria… Allá dirân…
Horacio Quiroga était en effet mort comme dans ses contes ; Alfonsina Storni mourra comme dans ses poèmes. Le 22 octobre, elle compose le dernier et l’envoie à Buenos Aires, Voy a dormir. Trois jours plus tard, après avoir, selon sa légende et l’histoire de la chanson populaire, attendu en vain un dernier amant, ou au moins qu’il téléphonât, elle entre dans la mer et s’y noie. Des gouttelettes en diadème accompagnent sa marche lente et ses lèvres, peut-être, murmurent le premier diptyque de Dolor publié douze ans
plus tôt : Quisiera esta tarde divina de octubre Pasear por la orilla lejana del mar…
Les divines soirées d’octobre sont pas celles de l’automne. En Argentine, ce sont celles du printemps austral.
Après le suicide de la passante nostalgique, de l’Ophélie atlantique, un parolier, Félix Luna, écrira ce boléro célèbre sur la mort de la poétesse,
Alfonsina y el mar, dans lequel il reprend quelques vers du dernier poème, Voy a dormir…
Patrick Deville Saint-Nazaire,
septembre 2000

24 mars 2008 à 19:05
Je viens de découvrir Mercedes Sosa depuis quelques jours et la fait connaitre autour de moi. C’est un régal pour les oreilles et le coeur. Cette voix m’enchante depuis que je l’ai entendu pour la première fois il y a deux semaines. Ca tourne en boucle sur ma chaine, mon ordi et mon mp3. Une balade ce matin sous la neige avec Mercedes dans mes oreilles, je n’avais pas froid uniquement sa voix, ses mots durant une bonne heure pour chauffer mes idées et égayer la grisaille ambiante. Un régal. Reviens nous vite Mercedes. Gracias à la vida
24 mars 2008 à 19:41
La chanson “Gracias à la vida” de Violetta PARRA m’a sorti d’un moment de déprime qui durait depuis un certain temps. Elle chante cette chanson avec tant de coeur, de conviction et de force que la vie reprend le dessus sur ces moments malsains que je vivais. Elle a su mettre le ton et son énergie dans cette chanson qui vous fait voir la simplicité des choses de la vie et l’amour qu’elle a pour les gens
Merci Mercedes pour cette voix qui pénètre mon cerveau et mon corps tout entier. Merci pour tous ces chants qui sorte de toi avec la force d’un volcan et la douceur de la soie. Remets-toi vite !
Gracias por todo Mercedes
18 avril 2008 à 13:26
Gracias a Mercedes por su cancion