Mon compteur d’électricité
541 lecturesIl y a des choses dans ce pays, bien que la compagnie avec laquelle je négocie ait été tenue pendant des années par EDF, qui ne changeront jamais.
Lorsque nous prîmes possession de l’appartement neuf la représentante du constructeur me dit :
— Il va vous falloir obtenir l’agrément de gaz et de l’électricité pour votre appartement. Nous avons deux personnes chargées de faire les démarches dans l’édifice. On les appelle ici des matriculados.
— Vous n’avez pas l’agrément de ces deux entités m’empressais-je de demander.
— Bien sûr que si, une commission est passée, tout est correct, mais, vous savez ce que c’est, il faut bien que tout le monde vive, nous avons l’agrément pour les parties communes, mais pour votre appartement qui est strictement fait dans les normes…
— J’ai compris il va falloir donner un peu d’argent à une mafia locale.
— C’est cela.
Pour le gaz, le matriculado demandait 150 pesos. Je suis allé directement à la compagnie et pour 18 pesos j’arrangeais l’affaire. Enfin, c’est ce que je croyais, car le brave homme n’ayant pas reçu sa part du gâteau prévue a cherché à m’installer le compteur qui ne convenait pas.
J’ai une patience d’ange dans ces cas là. Je n’ai pas donné un sou de plus et il a dû revenir trois fois.
Pour l’électricité le matriculado mafieux me dit :
— Ce sera 350 pesos, sans sourire et peu aimable.
— Hum, hum… ce fut mon unique réponse.
Edesur, mon amour, c’est l’ex EDF ici, méritait donc une visite de ma part.
— Ça coûte combien, vous pouvez m’indiquer pourquoi je dois avoir à faire à un matriculado. Bref, c’est quoi ce bordel ? C’est vrai, vous achetez un appartement usagé, dans lequel l’électricité est un vrai désastre et personne ne vous demande rien, vous arrivez avec un truc neuf et aux normes, pour autant qu’il existe des normes dans ce pays, et tout le monde vous emmerde.
On me donna une liste de matriculados pour toute réponse. Inutile d’aller plus loin, la seule réponse que vous obtiendrez c’est : C’est le règlement.
Bon j’appelle le premier sur la liste.
150 pesos me dit-il. 200 de gagnés pour une escroquerie légale, c’est toujours ça de pris.
J’obtiens en quelques jours l’autorisation. Parfait.
Le concierge de l’édifice m’avait dit : soyez prudent, le matriculado que vous avez rejeté va vous faire des misères.
Effectivement, coup de fil d’Edesur : nous avons un problème, c’est du triphasique que vous voulez ou du monophasique ?
Du triphasique bien sûr répondis-je, air conditionné central et tout le reste c’est forcément du triphasique.
Ah mais je ne vais pas pouvoir vous installer le compteur, il me faut un description complète des appareils et de leur consommation.
Coup de fil à mon matriculado qui me dit : mais c’est quoi ce cirque, c’est un deux pièces que vous avez pas une pâtisserie boulangerie.
Demain il me fait tout cela. J’aurais l’électricité ensuite. Enfin, je l’espère.

17 août 2006 at 11:37
Moi j ai passé 6 mois dans un appart illegalement connecté au gaz….
20 août 2006 at 5:54
C’est comme ça pour “tout” ?
20 août 2006 at 6:54
Allez voir par ici aussi, Lionel
25 août 2006 at 20:24
[...] Dans l’Hommage à la Catalogne, Orwell décrit de manière très drôle l’importance des syndicats. C’est le syndicat qui décide quand le train doit partir ou si le narrateur peut voyager sans billet. Le même genre d’anecdote fait partie de l’image véhiculée par des pays comme l’Argentine, même si tout le monde ne trouve pas ça drôle, un peu comme les désagréments subis par ceux qui ne voyagent qu’en première. [...]