Nestor Kirchner en Espagne
249 lecturesLes Espagnols ont besoin d’être rassurés. L’exemple de la Bolivie d’un coté, le non-respect des contrats de l’autre, le désir avoué de l’Etat argentin de reprendre une participation dans Repsol, Aguas de Barcelona dans le même sac que Suez, la pression faite depuis un an sur Aerolinas Argentinas, qui appartient au groupe Marsans, grèves menées par le sous-secrétaire d’Etat au transport qui est aussi le représentant syndical du personnel volant, tout cela fait désordre.
Andrés Ortega, dans le journal El Paìs, organe presque officiel du gouvernement Zapatero, déclarant juste avant son arrivée que monsieur Kirchner n’avait pas de projet pour son pays. Qu’après tout il valait mieux n’en pas avoir qu’en avoir un mauvais, mais que le grand problème était que Kirchner n’avait pas la moindre intention d’en avoir un, met la pression sur l’équipe.
Car si les indicateurs macroéconomiques sont bons, pour le reste, le pays souffre quand même d’une inflation maîtrisée plus ou moins en menaçant les producteurs sans chercher à combattre ses causes structurelles, d’une pauvreté qui n’a pratiquement pas diminué, même s’il est vrai que l’extrême pauvreté a reculé et enfin un taux de travail au noir qui stagne toujours autour de 45%
Le pays souffre surtout d’un manque de sécurité juridique et a un besoin urgent de consolider ses institutions. La vision économique à moyen terme est toujours impossible. Tout cela n’incite pas les candidats à l’investissement dans un pays qui le souhaite et qui le mérite. Les potentiels sont énormes, mais les assises juridiques et institutionnelles ne donnent pas de garanties suffisantes pour des investissements à long terme.
Tout cela est bien dommage, car l’image de Kirchner dans le pays est bonne, il sera réélu en 2007 sans difficultés s’il se représente, ou bien ce sera son épouse. Ils ne semblent pas avoir pris de décision à ce sujet.
L’opposition est inexistante, même si Robert Lavagna, l’ancien ministre des Finances, qui a le mérite d’avoir redressé l’économie, manoeuvre pour être candidat. Dans le meilleur des cas, il ne prendra des voix qu’à l’opposition.
Les exigences des investisseurs ne sont pas nouvelles. Elles se heurtent au corporatisme d’une grande partie du pays, qui confond depuis des lustres souveraineté nationale et non-respect des accords signés avec des entreprises extérieures au pays.
Monsieur Kirchner comprendra-t-il l’intérêt pour l’Argentine de fixer des règles du jeu claires et soutenues par les institutions et la justice ? C’est au moins ce qu’une fois de plus Zapatero essaiera de lui faire comprendre.
Bien sûr, tout cela se terminera par des applaudissements, des félicitations, des compliments, mais ce qui est important c’est ce qui sera entrepris, ou non une fois de plus, à son retour au pays.
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20 juin 2006 at 21:37
Amen.