Nikon, la honte
1 152 lecturesLe 5 juin, Journée mondiale de l’Environnement, eut lieu la cérémonie de remise des prix aux gagnants du 15e Concours international de peinture d’enfants sur l’environnement (Programme des Nations Unies pour l’environnement), tenu pour le plus important du monde. Elle s’est déroulée au Palais des Nations d’Alger.
Parmi les gagnants présents ce jour-là, le jeune Cubain Raysel Sosa Rojas, pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Les gagnants recevaient des cadeaux : un T-shirt portant le dessin primé, du matériel de dessin d’une qualité supérieure et un appareil photo numérique de marque Nikon, une firme japonaise.
À l’exception de l’enfant cubain, tous les autres enfants ont reçu leur appareil photo, comme chaque année dans le cadre de cette cérémonie.
Motif : Le blocus américain.
Messieurs de chez Nikon, on n’humilie pas un enfant !
Cette semaine le vice-ministre de la Santé a donné à l’enfant l’appareil photo digital qu’il n’avait pas reçu. Un cadeau de Fidel lui a-t-on dit. De la propagande à bon compte bien sûr, mais à qui la faute.

Le dessin de Sosa. 12 ans.

26 octobre 2006 at 18:35
Nikon, ni pointu, ni carr…
Bon, le grand battage des fêtes de Noël va bientôt commencer… Alors si vous aviez l’intention d’offrir un bel appareil photo à l’un de vos proches (ou à vous-même), je vous suggère par exemple d’offrir un Canon… ou un Minolta… ou un Le…
27 octobre 2006 at 6:37
“le blocus américain” : peut-être cela signifie-t-il une barrière douanière que l’entreprise ne pouvait franchir ? dans ce cas, on ne peut imputer ce fait à Nikon.
27 octobre 2006 at 6:47
La remise des prix a eu lieu à Alger
27 octobre 2006 at 7:02
oui, mais cela n’a rien à voir : les statits de la filiale organisatrice la placent sur le territoire US, donc elle est soumise à ce que dit la loi US.
Je ne dis pas que cela soit parfait, mais je pense qu’il convient d’éviter des associations d’idées rapides. Ce sont les embargos et autres blocus qui peuvent poser des problèmes, c’est ça qui est le fond du sujet à mon avis (et peut-être beaucoup plus sur des produits vitaux que sur un appareil photo, je pense que l’humiliation et les privations des enfants dans le monde se situe ailleurs).
Maintenant, il aurait été judicieux que Nikon rappelle explicitement dans son règlement que l’entreprise ne pouvait faire d’envoi vers les pays “embargués”. Mais voilà : parfois on ne pense pas à tout.
Mais je ne suis pas en train de dire “much ado about nothing” et que tout est bien puisqu’on suit le droit, simplement que les blogs qui font écho vont un peu vite de la hache sur ce coup là…
27 octobre 2006 at 7:07
Rien n’empêchait Nikon de remettre à un gamin de 12 ans qui avait fait le voyage à Alger un appareil photo, comme aux autres.
C’est scandaleux, c’est tout, rien ne peux le justifier
27 octobre 2006 at 7:09
Il n’y a pas de blocus de Cuba, qui suppose que des bâtiments soient déployés autour de l’île pour empêcher tout passage et que tout avion tentant de rallier l’île soit abattu. C’est juste un embargo, c’est à dire une interdiction de commercer.
Par contre, je ne comprends pas en quoi une entreprise japonaise s’est crue tenue par cet embargo sur le sol algérien. Quelque chose m’échappe.
27 octobre 2006 at 7:16
Il y a embargo et pas blocus, pas de doute, on a tous bien compris. La remise des prix à eu lieu à Alger, la marque est japonaise, mais : une filiale US organisatrice reste probablement soumise aux exigences légales US. Si un spécialiste du droit commercial/international passe par ici, il pourra sans doute nous en dire plus long.
Patrick : “ce qu iempêche”… eh bien c’es tpeut-être justement l’embargo et les circonstances légales dans lesquelles il s’exerce. Encore une fois je ne dos pas que cela soit bien, mais je trouve qu’il ne convient pas de mettre cela sur le seul fait de l’entreprise. Pour moi, il y a cette question de droit qui peut être l’explication (et je n’ai pas dit “justification”).
27 octobre 2006 at 7:24
Ma petite Flo, je ne suis pas d’accord avec vous. Même si Nikon veut respecter un embargo, il ne s’agit pas ici d’expédier du matériel sur l’île, mais de remettre un appareil à un enfant Cubain.
Les cubains qui voyagent, il y en a quelques uns, même aux Etats Unis achètent librement tous les produits qu’ils veulent.
27 octobre 2006 at 7:33
Comment humilier un enfant…
C’est simple, lisez donc …
… J’ai honte pour eux !…
27 octobre 2006 at 7:52
certes, mais : un cubain qui achète qqch aux US à une entreprise US, ça veut dire une entreprise US qui vend sur le territoire US. Dans ce cas, il est possible que la loi n’ait rien à lui “reprocher”. Le cubain qui passe la douane avec son produit, cela ne signifie pas que l’entreprise exporte. Si par ailleurs il doit se produire un pb à la douane, c’est pbblement le particulier qui l’aura, pas l’entreprise qui a vendu sur territoire US (et qui n’est pas tenue à vérification d’identité).
Maintenant, pour le prix “remettable” à Alger à l’enfant cubain, ça se corse. Parce que ce que je viens de supposer vaudrait de même dans ce cas. Mais il n’y a pas de transaction. Donc pas d’acte qui légalement mette l’entreprise hors jeu. C’est parfois sur des points de détails que la différence se fait. Je pense que si Nikon a donné un autre truc qu’un des produits distribués par sa filiale, c’est qu’il y avait un binz. Quel binz exactement ? Je suppose que c’est lié à la pbmatique commerciale et juridique de l’embargo, mais il faudrait un spécialiste de ce domaine du droit pour nous dire, dans cette hypothèse, ce qui coinçait.
Il ne s’agit pas pour moi d’excuser l’entreprise, tout simplement parce que rien ne démontre qu’elle est redevable de cette situation. Encore une fois, on peut regretter pour l’enfant cet état de choses, mais je crois qu’il convient de se poser 2 ou 3 questions avant de conclure à l’indignité de l’entreprise.
27 octobre 2006 at 8:39
Maître Eolas vous avez raison, il s’agit d’un embargo pas d’un blocus. En espagnol on utilise, par ici, le terme de “bloqueo”, encore un faux ami
Je me suis laissé allé.
27 octobre 2006 at 10:15
On peut vaguement comprendre le soucis de Nikon de réprésailles US (avec l’administration qu’ils ont en ce moment, hein..), mais ce qui est incompréhensible c’est qu’ils n’aient pas eu la présence d’esprit de faire en sorte que le gosse reçoive malgré tout un appareil, même si “légalement” cet appareil n’aurait pas été directement fourni par Nikon… (à priori ce qu’ils ont fait finalement, avec un gus de nikon achetant l’appareil sur ses propres deniers)
27 octobre 2006 at 11:12
Patrick, merci pour cette information, que j’ai trouvée d’abord chez Veuve Tarquine. Sans connaître tous les détails de cette histoire ignoble, j’ai l’impression qu’il y a eu faute chez les responsables de Nikon à plusieurs niveaux — ils ont été, il paraîtrait, excessivement soucieux de ne pas contrevenir à l’embargo US, (ce qu’on arrive à faire ici aux USA assez facilement sans trop d’ennuis), mais toute l’affaire s’est déroulée quand même hors des frontières US et puis, plus pratiquement peut-être, personne n’allait chercher, je suis sûr, à provoquer un « incident diplomatique international » à propos d’un cadeau d’un appareil photo offert à un enfant cubain — Mlle Rice n’a aucune envie de se voir condamnée comme l’Anti-Santa Claus dans la presse américaine, qui est toujours hypersensible à tout ce qui relève d’un enfant malheureux ou mal traité — et surtout quand son maître est considéré par beaucoup être l’Anti-Christ. Non, je crois que si l’on examine ce cas de près, on trouvera vite la bêtise et l’erreur de jugement d’un petit cadre nerveux qui a voulu suivre les lois « en vigueur » sans bien les interpréter.
11 novembre 2006 at 9:04
Quel scandale! Nous pouvons être certain que l’ensemble des textes réglementaires a été respecté et c’est là tous le problème, lorsqu’on applique des textes sans discernement, les ordinateurs le font très bien.
Le courage de désobéir ou au moins de s’adapter à la situation voilà toute la différence entre le crétin qui applique une procédure et celui qui la comprend.
J’aime à penser que ce mode de pensée un peu binaire, qui tends à séparer les choses entre bon et pas bon est généralement plus développé chez nos amis anglo-saxons particulièrement les américains et est à cent lieues de la façon de voir et d’être des pays latins.
J’imagine que ce prix constituait pour la marque Nikon une opération de communication, j’espère bien qu’à l’issue de ce faux pas le responsable aura été remercié.