N’importe quoi de préférence
vu 473 foisSolidarité et Progrès - La consigne du nouveau Président équatorien : « La vie avant la dette »
Avant le deuxième tour, Rafael Correa avait rencontré Nestor Kirchner, saluant son attachement à servir l’intérêt général en obtenant une restructuration de la dette argentine.
Il y a vraiment des gens pour dire n’importe quoi, sans se soucier de la vérité du moment que ce qu’ils peuvent arriver à dire correspond à ce qu’ils aimeraient voir dans le monde.
Et on brode sur Kirchner, Correa, Lula et Cie, du moment que cela apporte de l’eau à un moulin dont la source semble bien sèche, on entretient le bon peuple, les bons sentiments et le double discours des populistes régionaux.
J’ai pris cela sur un site de soutien à la candidature de Monsieur Cheminade. Je n’ai rien contre lui, à vrai dire c’est la première fois que j’en entends parler.
La restructuration de la dette argentine, je l’ai répété plusieurs fois et je vais finir par me lasser, n’a pas été faite dans les conditions citée. Le FMI a été payé rubis sur l’ongle et par anticipation, les petits épargnants argentins et les caisses de retraite reverront 25 % de leurs avoirs qu’ils avaient placés en bons du Trésor d’ici 20 ou 30 ans. Il en est de même pour les petits épargnants allemands, italiens et japonais.
Il n’y a qu’une seule chose à souhaiter au peuple équatorien c’est que la restructuration de leur dette ne se fasse pas comme elle a été baclée en Argentine !

6 décembre 2006 à 15:20
OK, mais tu voulais qu’il fasse quoi Kirchner ? Pour le FMI, il a payé tout d’un coup comme tous les autres pays endettés exportateurs de matières premières (Russie, Algérie, Brésil, etc.). Tant pis si le FMI comptait sur les intérêts pour équilibrer son modèle financier… ce n’est pas sa finalité !
Quant aux petits épargnants italiens et japonais… c’est malheureux pour eux, certes ! mais pourquoi diable se sont-ils rués sur des bons surévalués à l’époque du dollar ? Parce qu’il y avait la caution FMI et personne pour dire : attention les enfants, vos bons sont gonflés artificiellement et ils pourraient tout aussi bien dégonfler brusquement. Personne aujourd’hui ne s’est retourné contre le FMI qui conseille, valide, invalide mais n’est jamais responsable…
Patrick, toi qui connais bien l’Equateur… franchement, tu achèterais des bons du Trésor équatorien en dollars en ce moment ?
Je n’aime pas trop défendre Kirchner, mais j’ai l’impression que politiquement, il n’avait pas d’autre choix que “saper” les bons achetés en dollars dans les 90′. Les Argentins l’ont accepté, contraints certes, et les autres finiront par ranger leurs plaintes.
6 décembre 2006 à 15:31
Il y avait d’autres méthodes, tout d’abord un quitus de 75% c’est du jamais vu et cela a d’abord nuit à la société argentine et à ceux qui seront prochainement à la retraite.
Le FMI a été remboursé sur des prêts qui n’avaient plus que 3 ou 4 ans de durée pour le plus long avec un taux moyen de 4,5%. L’argent a été pris sur les réserves puis ensuite afin de payer les autres échéances des bons ont été émis, en majorité achetés par le Venezuela au taux de 8,5 à 9%. Superbe affaire.
La dette de l’argentine ce n’est pas les 8 milliards qui étaient dus au FMI, ce sont 200 milliards d’ US $.
On peut toujours continuer à jouer à l’arbre qui cache la forêt et faire de grands discours, la réalité c’est cela.
6 décembre 2006 à 15:40
On utilise d’ailleurs le même syxtème depuis des dizaines d’années, je l’avais expliqué ici
et aussi ici.
6 décembre 2006 à 16:19
je suis nul en economie, ma question est la suivante,comment est possible que l’Argentine soit très endetteé avec 200 milliards U$ et en difficulté à cause de ça,et la France,possedant 1000 milliards d’euros de dette,s’en sorte bien, merci
6 décembre 2006 à 16:24
A court terme, c’était une très bonne chose pour le budget argentin et les Argentins que de restructurer sa dette à la hussarde. Sur le long terme, je te l’accorde… mais pour l’instant l’histoire argentine s’accommode mal du long terme.
C’est vrai que les 9.5 Mds USD dus au FMI n’étaient qu’une goutte d’eau si l’on additionne toutes les dettes argentines… Et si sur le plan économique le fait de rompre avec le FMI pour se tourner vers Chavez est un non-sens, d’un point de vue politique, c’est tout à fait logique. Entre le dédain d’une vénérable institution qui s’est quand même un peu plantée (même si elle ne porte pas la responsabilité directe de la crise) mais qui refuse de faire son introspection et continue de distiller les mêmes recettes et un type qui cherche des alliances politiques à tout prix, le choix était naturel.
Mais invoquer la pure logique économique sur les questions de financement multilatéraux est assez hypocrite… les prêts au Chili de Pinochet (mais pas d’Allende), au Zaire de Mobutu, à la Corée militaire, ou plus récemment l’annulation de la dette de l’Irak, etc… sont-ce des décisions économiques ou politiques ?
6 décembre 2006 à 16:37
bizco, plein de raisons, le PIB d’une part, mais aussi le fait qu’en France cet argent est investi et productif, pas gaspillé. Ce serait assez long, mais c’est une bonne question. Certains se demandent si on ne va pas nous aussi droit dans le mur.
Yves, le problème n’est pas de savoir si le FMI a fait son introspection mais si l’Argentine l’a faite. Les recettes du FMI ont-elles été appliquées ? Oui pour celles qui convenaient aux politiques, non pour les autres.
La déb[acle est-elle le fait de ce qui a été appliqué ou bien de ce qu’on s’est bien gardé d’appliquer ?
6 décembre 2006 à 16:59
Ok, ok, on risque de rentrer dans un débat sans fin : l’Argentine est tombée parce qu’elle n’a pas ASSEZ appliqué les préceptes de Washington. Certains le pensent, pour d’autres c’est un comble ! On entre dans le domaine de l’idéologie… Tu reconnaitras que les pratiques des années 90 - déjà condamnables et condamnées par certains à l’époque - étaient de facto avalisées par les bailleurs puisque les prêts continuaient d’être accordés.
La question de Bizco illustre au passage le décalage entre la dette du Sud et celle du Nord. On ne parle pas des mêmes sommes, effectivement… Ceci-dit, mais je ne suis pas sûr de mon coup, je crois qu’on traine en France une dette publique qui représente 60% du PIB et qu’on se rapproche donc du ratio argentin (70%), longtemps référence mondiale en matière d’hyper-endettement ! Pas très rassurant tout ça… C’est désormais plus que le budget de l’Education Nationale qui est consacré chaque année au remboursement de cette dette et de ses intérêts…
6 décembre 2006 à 17:08
Ça peut devenir un débat sans fin, effectivement.
Il y a cependant deux points su lesquels le FMI a insisté sans obtenir satisfaction :
1/La consolidation des institutions, justice, système financier etc
2/ La sécurité juridique.
Il n’y aura pas d’investissement à long terme dans le pays sans cela.
7 décembre 2006 à 10:06
Dans le film “Argentine: memoria de un saqueo” que j’ai vu a Montreal il y a un peu plus d’un an et qui nous avait mis sur le dos, mes chums argentins et moi, le realisateur soutient que 70% (je pense) de cette fameuse dette provient du privé. En d’autres mots, les dettes personnels de nombreux membres de la junte militaire et les dettes de nombreuses succursales de multinationales auraient été intégrées a la dette publique argentine. Est-ce un fait vérifiable ou vérifié? Et tout cela sans compter tous les contrats gouvernementaux qui ont été payés pour des travaux qui n’ont jamais été réalisés.
7 décembre 2006 à 10:11
Oui c’est exact, mais dette privée ne veut pas dire dette personnelle, ce sont les dettes des entreprises.
Le mécanisme du transfert est simple, aux particuliers et petits épargnants on déclare, vos dollars ne valent plus rien, aux entreprises, ce que vous deviez en dollars vous le paierez en pesos.
C’est un transfert de richesse honteux, des plus pauvres aux plus riches.
7 décembre 2006 à 12:09
Patrick, je n’ai pas bien compris ?… Plus qu’un transfert de richesse, je vois une évaporation de la richesse, tant pour les emprunteurs que pour les épargnants…
Pour moi, le transfert de richesse, c’est plutôt le fait de transférer une dette privée sur le dos de l’Etat.
7 décembre 2006 à 12:56
Yves, après une dévaluation comme en 2001, c’est un véritable transfert, en fait ce sont les particuliers qui ont payé les deux tiers de la dette des entreprises qui n’ont eu qu’à rembourser qu’un tiers de ce qu’elles devaient