
Le soir, entre chien et loup…
Hier, la réunion prévue entre les représentants du monde agricole et le gouvernement a été annulée par le premier ministre sous le prétexte que ces derniers ne comprenaient pas ce qu’était une négociation et que ce qui s’était dit pendant la manifestation de Rosario la veille ne lui plaisait pas.
Je vais les humilier aurait dit Nestor Kirchner en petit comité depuis ses bureaux de Puerto Madero.
Pour l’instant, les associations calment leur base et attendent. Pas facile, mais bloquer les routes à nouveau risque de mettre la population contre eux, au pire provoquer des incidents violents. Comme le dit à juste titre De Angeli, le gouvernement cherche à diviser les agriculteurs et rendre la protestation anarchique.
Pour l’instant, le conflit n’a pas eu d’influence sur les rentrées fiscales du gouvernement, les exportateurs avaient du stock.
Le problème du couple présidentiel va bien plus loin qu’un simple problème de calcul de rétention sur les commodités. Même si on admet du côté du Ministère des Finances que la dernière révision a été mal construite et que les rétentions mobiles risquent de mettre en péril les plus fragiles des producteurs, personne ne revient sur l’utilité de celles-ci.
Et c’est bien là le problème, celui dont on ne parle pas, mais qui risque de mettre par terre la stratégie de pouvoir du gouvernement. Le fédéralisme.
L’Argentine est un État fédéral, le gouvernement encaisse la totalité des impôts et reverse au compte-goutte une participation aux provinces.
C’est ce qu’on appelle la loi de coparticipation, elle est votée par le parlement, et les montants ainsi acquis par les Provinces sont loin d’être suffisants. Il faut donc gérer le déficit, c’est une négociation entre les Gouverneurs et le Président. C’est ainsi que le pouvoir s’exerce, aujourd’hui même les Gouverneurs d’opposition doivent crier bien fort leur allégeance au Kirchnérisme ou déposer le bilan.
Reprenez attentivement les chansons, les discours et autres demandes, le mot fédéralisme y est toujours présent. Discutez avec eux et vous comprendrez qu’ils acceptent difficilement de ne pas avoir les infrastructures que la richesse de leur Province devrait leur permettre d’avoir.
C’est une des raisons pour laquelle péronistes ou non, une grande partie des Gouverneurs de Province s’est placée du côté des agriculteurs. D’une part, ils constituent leur base électorale, d’autre part, c’est une manière d’alléger le joug d’un pouvoir de plus en plus autocratique.
Maintenant, pour ce qui concerne la fiscalité, il est un peu surprenant, alors que le discours officiel est toujours le même, mieux répartir les richesses, que les gains en bourse et les transactions financières ne soient toujours pas imposés, qu’il n’y ait toujours pas d’impôts sur les successions, que l’impôt sur les acquis (bienes personales), on pourrait dire l’impôt sur la fortune, soit réparti en taux de la même manière pour l’ensemble de la population, en excluant l’argent placé en bourse ou en actions, dès que ses avoirs dépassent 60.000 euros au premier centime et que la TVA soit toujours à plus de 20 %.
Une politique fiscale qu’on peut, sans se tromper, qualifier de très à droite !

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on mai 27th, 2008 at 8:40
Bonjour Patrick,
Le fédéralisme est, en effet, le hic bien souvent lorsqu’il s’agit de répartir les deniers publics. Merci pour ce billet qui nous éclaire un peu plus sur la situation du monde agricole argentin. De l’Argentine, je ne connais que, sommairement, celle de la province de Cordoba.
Mwah
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on mai 27th, 2008 at 10:34
Comme le dit mon voisin de palier dont la seule activité depuis des années est la bourse et qui gagne des millions tous les ans sans payer un centime d’impôt, tout cela avec son très bel accent français : Pourvou que ça doure
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on mai 27th, 2008 at 11:37
Avant de dire tout et son contraire sur le Fédéralisme.
Je vous invite á lire cette petite analyse comparative sur le sujet. S’est très court et va “straight to the point”.
http://www.spp.nus.edu.sg/Handler.ashx?path=3DData/Site/SiteDocuments/wp/2003/wp39=
.pdf
PS: l’Auteur est un des grands spécialiste sur le sujet. Il est aussi peu enclin au modèl Federaliste, même si il sait reconnaitre que dans certains pays, se système est bien plus profitable que la version unitaire. Mais la Suisse reste une exception, comme toujours
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on mai 27th, 2008 at 11:51
Mais mon ami phiyl personne ne dit tout et n’importe quoi par ici. D’autre part, j’ai toujours préféré un avis personnel à un millier de liens
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on mai 27th, 2008 at 12:32
[quote post="3859"] la Suisse reste une exception, comme toujours[/quote]
Il est CHuisse Phyil, on les reconnait tout de suite
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on mai 27th, 2008 at 15:46
Amis francophones, je vous salue,
Mon opinion sur le sujet importe peu et serait, encore une fois, trop long et pédant et laborieux….
Ce PDF est très clair sur les rendements du féderalisme….ne le boudez point que diable
Le fédéralisme est (et s’est un germano-suisse baigné de culture francaise qui le dit) très profitable et optimum au niveau des alocations de ressources, et du pouvoir décisionels des petites entités régionals, voir communal dans le cas de la patrie de Guillaume Tell.
Evidemment, dans le cas de l’ARG, …. Le féderalisme reste le moyen du “baton et de la carrotte”.
Une démocratie de jambe de bois, quoi!
Saludos a todos….
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on mai 27th, 2008 at 16:27
Ben voilà, c’était pas compliqué, on n’est donc plus obligé d’aller lire le discours du teuton
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on mai 28th, 2008 at 9:48
D’où as-tu appris qu’il n’y a pas d’impôts sur les successions en Argentine? Ca m’intéresse. Merci
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on mai 28th, 2008 at 10:02
Lumadu, il n’y a pas d’impôts sur les successions en Argentine,
voir ici
http://blog.argentine-news.com/diner-en-ville-avec-un-specialiste-de-la-fiscalite-argentine-818.htm
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