Oswaldo Guayasamin

766 lectures
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (1 votes, moyenne: 5 sur 5)
Chargement ... Chargement ...
Mercredi 15 août 2007 - 19:23

mujer1.jpg

Je vais vous parler brièvement de mes petites rencontres avec Oswaldo Guayasamin, on est toujours petit devant un tel homme.
L’homme avait indéniablement un caractère fort, petit et trapu, rien à voir avec Eduardo Kingman par exemple, il ne laissait personne indifférent. C’est un bijoutier qui me l’avait fait rencontrer la première fois. Il s’appelait Singer et vivait en Équateur depuis de très longues années.
Il avait connu Guayasamin lorsque jeune étudiant Aux Beaux-Arts de Quito il essayait de vendre ses toiles aux rares touristes qui s’aventuraient dans cette ville avant la Deuxième Guerre mondiale. Il l’avait aidé et était née une amitié qui devait perdurer toute leur vie entre ce bijoutier juif et cet Indien communiste.
Nelson Rockefeller avait aussi acheté ses toiles en 1942, lors de sa première exposition, pas traumatisé par sa précédente expérience avec Diego Rivera semble-t-il. Mais c’est une autre histoire.
J’eus ensuite l’occasion de le rencontrer plusieurs fois pour le consulter et parler de ses contemporains, j’avais une petite fonction que m’avait confiée le conseiller culturel de l’Ambassade, passioné, tout comme moi, par l’art équatorien.
Il avait une manière charmante de vous inviter à déjeuner ou à dîner, une aquarelle qui vous rappelait la date de l’évènement.
On ne parlera pas ici de sa vie personnelle qui fut un vrai désastre. Un peu violent avec ces dames l’ami Oswaldo, surtout quand il avait bu. Et croyez-moi, quand il commençait, les bouteilles se terminaient rapidement.
Puis vint tati Danielle. Combien de voyages fit-elle à Quito ? Combien en fit-il à Paris à cette époque ? Je vous avais fait en son temps quelques confidences, vous pouvez les relire.
Il y avait du génie dans sa manière de peindre, il le savait, avec le temps ce sont des choses que même les plus humbles assimilent. Le voir peindre était un spectacle à lui tout seul. Je crois bien que dans ces moments-là il en faisait un peu trop, mais je ne suis pas sûr.
Le plus important dans tout cela c’est qu’il a su donner à ses origines des lettres de noblesse, il savait lui que l’homme des Andes avait connu deux prédateurs, l’Inca tout d’abord et les conquistadors ensuite.

Autres billets pouvant vous intéresser :

3 commentaires pour “Oswaldo Guayasamin”

  1. Remi a dit:

    Je suis allé visité le musée Guayasamin à Quito, c’etait vraiment bien, mais sacrement torturée comme peinture.

  2. Sanchuela a dit:

    Je ne connaissais pas Guayasamin, mais ces tranches de vie que vous nous faites partager avec peintures à l’appui sont très intéressantes. On attend la suite.

  3. Pasinul a dit:

    Il avait du talent; il adorait l’ami Fidel et… les billets verts de l’oncle Sam.

Laisser Un Commentaire