Rafael Correa, un Président sans majorité

175 lectures
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (Il n'y a pas encore de vote)
Chargement ... Chargement ...
Mardi 16 janvier 2007 - 8:42

7e Président équatorien en 10 ans, Rafael Correa veut mettre en place des réformes constitutionnelles susceptibles de limiter les pouvoirs des partis traditionnels sans avoir un seul représentant au congrès.
Il le fera, dit-il, en proposant un référendum aux équatoriens afin de convoquer une assemblée constituante. Bien que personne ne sache aujourd’hui en quoi consisteront ces réformes, bien qu’il ne soit pas évident constitutionnellement qu’un référendum de cette nature puisse être ainsi lancé sans avoir l’autorisation préalable de ce même congrès, il vient d’appeler dans son discours d’intronisation à la «révolution radicale».
Lourde tâche, Evo Morales pourra lui en parler, lui qui vient d’abandonner le principe de la majorité à 50% pour son assemblée constituante alors que la constitution en demande 66%.
Même si la population est consciente du bien fondé de certaines réformes, je doute fort que les partis politiques, eux, acceptent sans sourciller une limitation de leur pouvoir.
Si en plus, et dans le même temps, Correa décidait de renégocier la dette extérieure, dans un pays ou ne grande partie de l’économie nationale dépend des lignes de crédit internationales, le risque de perdre le pouvoir aussi rapidement que ses prédécesseurs serait grand.
Même si la tentation bolivarienne est forte chez cet économiste de gauche, la nature profonde de ses convictions est plus proche d’une politique ressemblant à celle du Brésil ou du Chili sans parler de l’Argentine. Faudra-t-il encore qu’il en ait les moyens.
Ces moyens, seule la communauté internationale peut lui donner, l’aider à résoudre ses problèmes de dettes, et lui donner ainsi la force de lutter contre un congrès que la population méprise, mais qui pourrait avoir envie de le destituer. Cette double légitimité du Président et du Congrès sans possibilité pour le premier de dissoudre le second et avec la possibilité pour le second de destituer le premier est dangereuse.
Bien sûr, la rue parlera encore, c’est la seule qui puisse mettre un frein aux ambitions des députés.
La date du référendum est fixée, ce sera le 18 mars 2007, le congrès en est informé. Juridiquement il faudrait son aval et pour cela il en faudrait la teneur.
Une convocation à une assemblée constituante qui sans nul doute sera acceptée par la population, mais cette manière de faire risque de lui ôter toute légitimité.

Autres billets pouvant vous intéresser :

Un commentaire pour “Rafael Correa, un Président sans majorité”

  1. Francis a dit:

    La voie est étroite. Mais c’est sans doute la seule à suivre si l’on veut donner une chance à ce pays d’en finir avec l’instabilité politique chronique.

Laisser Un Commentaire