Souvenirs, c’était en 1983, dans un petit pays d’Amérique latine
198 lecturesJe ne donnerais pas plus de détails ; les personnes dont je parle dans ce billet doivent être, comme moi, encore en vie.
Le phénomène El Niño avait été particulièrement présent cette année-là, des pluies continuelles pendant plus de 7 mois avaient fait de la zone côtière du pays un véritable bourbier, où les exploitations agricoles étaient comme la population sous les eaux.
Une épidémie de paludisme secouait toute la région.
Je m’étais lié d’amitié avec le directeur d’un laboratoire pharmaceutique européen installé sur place et à cette époque je représentais aussi un certain nombre de sociétés internationales ce qui me donnait un accès assez facile aux dirigeants politiques locaux.
Un jour, alors qu’avec nos compagnes respectives nous partagions un repas en regardant tomber la pluie, il me dit :
Je n’arrive pas à prendre contact avec les autorités médicales du pays et son ministre, pourrais-tu me faciliter les choses, car j’ai un stock important de médicaments contre le paludisme que nous désirons offrir afin d’aider à soulager les conséquences de ce désastre. J’ai même fait cette offre par écrit, mais je n’ai aucune réponse et je n’obtiens aucun rendez-vous.
Quelques coups de fil, le lendemain, et on accepta de me recevoir, mais seul, me précisa-t-on, au ministère de la Santé.
Et voici la réponse que j’obtins ce jour-là :
Il existe des circuits, Patrick, pour ce genre d’aide, je n’ai rien à gagner dans cette opération, et ne désire pas y impliquer mes fonctionnaires. La région côtière est gravement touchée économiquement, elle a toujours été confrontée à un problème de chômage et de sous-emploi endémique. Essayons de tirer de cette catastrophe des résultats positifs.
La tirade avait été préparée, peut-être un peu plus emberlificotée, mais c’est ce dont je me souviens, assez régulièrement quand j’entends des discours et des promesses politiques, et de manière épisodique quand je fais le bilan de toutes mes aventures.

29 mars 2006 at 11:00
Je viens de relire trois fois ce que vous avez écrit. Je reste glacé sur ma chaise !
31 mars 2006 at 23:26
Cambalache
Disparition du sens de l’humour [1] au moment où l’on en a le plus besoin. Et le fric, qui d’outil se meut en valeur, non plus fiduciaire mais morale. J’ai l’impression que jamais depuis 1958 il n’y avait eu d’échéance électorale tant attendue e…
1 avril 2006 at 16:32
Ouch !
Pas vraiment surprise, mais quand même…