Un article de Rosendo Fraga a attiré mon attention cette fin de semaine. Il complète à merveille ce que je vous disais sur Carlos Julio Arosemena dans un de mes derniers billets. Avant de se tourner vers le communisme, Fidel Castro était un nationaliste convaincu. Il avait en outre reçu une éducation jésuite complète. Naturellement, quand le Général Perón se mit en tête de créer une structure latino-américaine pour diffuser sa pensée, le jeune Castro fut un de ses partisans les plus enthousiastes. Son frère Raoul, par contre, fut toujours communiste.
Antonio Cafiero a de maintes fois raconté comment Fidel a réussi à sauver sa vie grâce à la gestion de l’ambassade d’Argentine au Venezuela pendant la période du Caracazo, ces quelques jours pendant lesquels il était activement recherché par les forces de sécurité qui l’accusaient d’être un activiste et le promoteur des manifestations.
Même Che Guevara, malgré son antipéronisme, a plusieurs fois pu compter, pendant ses années de militance révolutionnaire en Amérique Centrale, avec la protection des ambassades argentines.
On comprend mieux ainsi la sympathie que Fidel Castro a toujours eue envers l’Argentine.
Rogelio Garcia Lupo, dans son dernier livre «Ultimas noticias de Castro y del Che» (Vergara 2007) cite les connections peu connues qui existaient entre Castro et le Che avec le péronisme au début des années 50. Intéressant de découvrir qu’à son arrivée au pouvoir à Cuba, à la fin des années 50, et avant de se tourner définitivement vers le communisme, nos deux compères, si je peux m’exprimer ainsi, étaient considérés comme étant l’expression idéologique et politique du péronisme.
Le communisme n’a jamais été populaire en Argentine bien que, ou peut-être parce que, le pays a toujours eu une image fortement négative des États-Unis. Pour Fraga la sympathie de Fidel pour l’Argentine et des Argentins pour Fidel est plus culturelle que politique ou idéologique.
Quand Kirchner a pris ses fonctions présidentielles, Castro, présent à Buenos Aires, fut acclamé par des dizaines de milliers de personnes devant la Faculté de Droit. Que le dernier des dictateurs sud-américains puisse recevoir ainsi cet enthousiasme populaire fut tout à fait incompréhensible dans le reste du monde.
Aujourd’hui, c’est Raul Castro qui prend le pouvoir. De manière paradoxale, dans ses jeunes années il était communiste alors que son frère Fidel penchait vers un nationalisme plein d’influences hispano franquistes reçues dans le collège de jésuite qui fit son éducation.




(4 votes, moyenne: 4.5 sur 5)





Derniers commentaires
Homosapiens, Jean
Olivier SC, Dul
Roberto, jm, Loula, PHIYL, Olivier SC [...]
Patxi, Patrick, Patxi, Patrick, Herge [...]
pasinul, Hernán, dul, jm