Archives du tag pour 'castro'

25
fév

Fidel Castro et le péronisme

Un article de Rosendo Fraga a attiré mon attention cette fin de semaine. Il complète à merveille ce que je vous disais sur Carlos Julio Arosemena dans un de mes derniers billets. Avant de se tourner vers le communisme, Fidel Castro était un nationaliste convaincu. Il avait en outre reçu une éducation jésuite complète. Naturellement, quand le Général Perón se mit en tête de créer une structure latino-américaine pour diffuser sa pensée, le jeune Castro fut un de ses partisans les plus enthousiastes. Son frère Raoul, par contre, fut toujours communiste.

Antonio Cafiero a de maintes fois raconté comment Fidel a réussi à sauver sa vie grâce à la gestion de l’ambassade d’Argentine au Venezuela pendant la période du Caracazo, ces quelques jours pendant lesquels il était activement recherché par les forces de sécurité qui l’accusaient d’être un activiste et le promoteur des manifestations.

Même Che Guevara, malgré son antipéronisme, a plusieurs fois pu compter, pendant ses années de militance révolutionnaire en Amérique Centrale, avec la protection des ambassades argentines.

On comprend mieux ainsi la sympathie que Fidel Castro a toujours eue envers l’Argentine.

Rogelio Garcia Lupo, dans son dernier livre «Ultimas noticias de Castro y del Che» (Vergara 2007) cite les connections peu connues qui existaient entre Castro et le Che avec le péronisme au début des années 50. Intéressant de découvrir qu’à son arrivée au pouvoir à Cuba, à la fin des années 50, et avant de se tourner définitivement vers le communisme, nos deux compères, si je peux m’exprimer ainsi, étaient considérés comme étant l’expression idéologique et politique du péronisme.

Le communisme n’a jamais été populaire en Argentine bien que, ou peut-être parce que, le pays a toujours eu une image fortement négative des États-Unis. Pour Fraga la sympathie de Fidel pour l’Argentine et des Argentins pour Fidel est plus culturelle que politique ou idéologique.

Quand Kirchner a pris ses fonctions présidentielles, Castro, présent à Buenos Aires, fut acclamé par des dizaines de milliers de personnes devant la Faculté de Droit. Que le dernier des dictateurs sud-américains puisse recevoir ainsi cet enthousiasme populaire fut tout à fait incompréhensible dans le reste du monde.

Aujourd’hui, c’est Raul Castro qui prend le pouvoir. De manière paradoxale, dans ses jeunes années il était communiste alors que son frère Fidel penchait vers un nationalisme plein d’influences hispano franquistes reçues dans le collège de jésuite qui fit son éducation.

19
fév

Non, je ne vous parlerai pas de Castro

Mais de Carlos Julio Arosemena Monroy. Pour la majorité d’entre vous, ce personnage extraordinaire est inconnu.
Issu d’une famille de banquiers et de propriétaires terriens de la région de Guayaquil en équateur il fut Président du pays entre novembre 1961 et juillet 1963. Son père, Carlos Julio Arosemena Tola, avait été lui aussi président. Ce furent des hommes honnêtes.
Mon Carlos Julio à moi fut déposé par un coup d’État militaire pour avoir eu la mauvaise idée de soutenir Fidel Castro à une époque ou cela ne se faisait pas et avoir accuser par la même occasion les États-Unis de vouloir asservir l’Équateur. Cela n’a pas duré très longtemps, c’est aux cris de Oui au Christ Roi et non à Castro que le film du début de sa fin commença.
Curieux de voir comme l’Église catholique en Amérique latine a toujours été le bras fidèle et efficace de la CIA.
Exilé un temps à Panama il revint assez rapidement au pays ou il continua ses activités politiques pour le parti qu’il avait créé le Parti National Révolutionnaire.
C’est lorsque je le vis pour la première fois tirer au revolver sur un député qui avait eu la mauvaise idée de l’insulter que le désir que j’avais de le rencontrer se fit plus fort.
Le pauvre homme passa de la vie à trépas, mais on décida qu’il y avait certainement légitime défense, non pas que le défunt fut lui aussi armé, mais il semblait bien qu’un geste de sa main vers sa poche intérieure eût certainement pu induire en erreur notre héros national.
Cela mit quand même fin à sa longue carrière politique.
Il faut dire que ce jour-là, comme tous les autres de sa vie, il aurait certainement fait sauter un alcoomètre dès le petit déjeuner. Il avait deux défauts Carlos Julio, l’alcool et les femmes. Des défauts d’homme, disait-il régulièrement à ses détracteurs !
De longs mois après, quand je pus enfin le rencontrer, il m’expliqua que cela faisait longtemps qu’il ne buvait plus… que de la vodka.
Et il entreprit de m’expliquer pourquoi.
Un jour qu’il était à New York, à l’hôtel Pierre, il devait se rendre le lendemain à l’ONU et avait décidé dans la nuit de vider toutes les bouteilles d’alcool de la suite qu’il occupait. Il les avait placées sur le marbre de la cheminée et tout d’un coup toutes les étiquettes se mirent à danser devant lui et se transformèrent en têtes de mort.
Il fit un grave coma éthylique cette nuit-là et se promit de ne plus boire de ces alcools. Heureusement pour lui, nous étions en pleine guerre froide et la vodka était interdite d’importation.
Il avait déjà, lors de sa présidence, failli être destitué pour avoir reçu le Président Chilien au palais présidentiel dans un état qui l’empêchait pratiquement de se tenir debout. Il me confia même que ceux qui l’accusaient de s’être pissé dessus lors d’une autre réception étaient des menteurs, ou bien alors il ne se souvenait plus.
Tout cela se passait au Club de l’Union à Guayaquil dont il me fit membre lors de notre troisième rencontre, fait du Prince, mais pour deux ans seulement. Le Club de la Union était, à cette époque, un endroit très fermé et réservé aux 100 familles considérées comme ayant donné naissance à la Ville. On y mangeait remarquablement au prix coutant, un peu moins cher en fait, les vins de bordeaux y étaient excellents. J’ai surpris bien des clients en les y invitant par la suite.
C’est là qu’un jour, il me confirma dans un rire cette histoire qui courrait dans tout le pays, alors qu’il déjeunait tranquillement avec deux prostituées de sa connaissance, une table de vieilles rombières interpella le maître d’hôtel :
— Dites-moi mon brave, quelles sont ces deux personnes de réputation douteuse qui déjeunent avec le Docteur Arosemena ?
— Mesdames, répliqua-t-il, les seules personnes de réputation douteuse présentes ici c’est vous. Je ne vous connais pas. Quant à ces demoiselles, ce sont des putes, il n’y a aucun doute possible.
Voilà pour situer un peu le personnage. Il fut quand même à l’origine d’une réforme fiscale importante, de l’impôt sur les successions, du début de la réforme agraire et fit construire deux universités à Guayaquil, l’une laïque et l’autre catholique.
Mais revenons à Castro. Il avait soutenu le régime dans les années 60 et nous étions au milieu des années 80. Je voulais connaître son point de vue.
Comme nous en étions depuis longtemps au tutoiement :
— tu vois Patrick, à cette époque Castro il nous a rendu notre honneur. L’Europe, après la Seconde Guerre mondiale, a totalement délaissé l’Amérique du Sud. Les États-Unis ont exercé une véritable emprise coloniale, un véritable étau sur nos pays. Aujourd’hui, je suis triste pour le peuple cubain, mais on ne peut pas en vouloir seulement à Castro. De toute façon, il est des nôtres. Les gringos, non.
D’une manière ou d’une autre, sous cette forme ou sous une autre, j’ai souvent, lorsque la franchise est au rendez-vous, écouté le même refrain.
Carlos Julio est mort en 2004 à Guayaquil à 84 ans.
Et pour Cuba, rien à espérer avant la mort de Fidel.

21
jan

Élu au premier tour

Rien à redire, c’est quand même beau la démocatie !
bureaudevote.jpg

26
nov

Ça les avait bien fait rire

moichavezet-castro.jpg
Une photo prise subrepticement par Toño, l’homme de la CIA en Colombie, lors de mon dernier entretien avec ces deux démocratophages.
Je sais. je suis très taquin en ce moment.

15
juin

Triolisme éhonté à Cuba

Patxi dans toute sa verve. Ça vaut le déplacement !

Amérique latine, je me souviens…: Triolisme éhonté à Cuba
[…]C’est la rencontre au sommet, hier, dans un tripôt de La Havane entre Fidel, el Comandante Swinger en chef, Hugo, el Cachondo Coronel rojo rojito, et Daniel, le Nica qui Nique.
Daniel Ortega, figure mythique du Sandinisme, passée à l’essoreuse évangéliste (qui, comme chacun le sait, lave plus blanc que blanc), était la veille à Téhéran.[…]
Source

12
mai

Comment ça, Chavez fait un transfert avec papa Fidel?

Patxi, vous le dit avec humour !

Amérique latine, je me souviens…: Comment ça, Chavez fait un transfert avec papa Fidel?
[…]Tel est le révolutionnaire bolivarien.
Que fait-on pour remplir ce concept creux du socialisme du XXI ème siècle, quand on a tous les pouvoirs, gavé de pétrole, mais pas d’idées?
On prend ce qu’il y a sous la main.
A savoir, des cubains.
Comment ça, Chavez fait un transfert avec papa Fidel?
Mâ non, mâ non.
Todo bien. Dormez tranquilles.[…]

04
avr

Castro et les biocombustibles

Réflexion intéressante du dictateur cubain :
Il s’agit pour lui de l’internationalisation d’un génocide. Transformer des céréales ou autres aliments en combustible développera la faim dans le monde.
On peut être d’accord ou pas sur les idées et les actions de cet homme, mais ce qu’il vient de dire mérite réflexion.
En effet, on est loin de dire que les céréales pourrissent sur place là ou elles sont produites. Le marché mondial est en pleine expansion. Les demandes en hausse de la Chine et de l’Inde font la richesse des céréaliers.
Des hectares entiers de forêts primaires et de zones autrefois réservées à l’élevage sont ainsi transformés en champs de soja. Cela pose des problèmes d’eau, des problèmes de pollution due aux engrais et herbicides.
Par contre, les industriels sont heureux. Ils vont pouvoir continuer à extraire du pétrole, le raffiner et avec le produit obtenu transformer le soja, maïs ou autre en biocombustible. 0,8 Litre de fuel pour un litre d’éthanol dans le meilleur des cas, mais une marge supplémentaire pour nos industriels qui se sont, une fois n’est pas coutume, et cela devrait attirer notre attention, transformés en véritables défenseurs de l’industrie bio. Tout comme Monsanto, curieusement.
Les états et gouvernements le sont aussi. Ils ont eu très peur que les petits agriculteurs se mettent à produire des huiles végétales dans leur garage pour alimenter leurs tracteurs et véhicules. Trop facile à produire et pas taxable. Pas taxable, car tout le monde peut le faire. Pourtant, le rendement est très intéressant.
Il leur aurait fallu faire passer en impôts directs la manne des taxes sur les carburants. De quoi remplir nos rues de manifestations de toute sorte.
Mais revenons sur l’idée de Fidel Castro.
Toute idée politique mise de côté, merci de n’en faire ni l’apologie ni la destruction systématique dans les commentaires, le sujet n’est pas là, cela me turlupine énormément. Et en plus comme je pense que les biocombustibles sont la pire idée du siècle j’ai bien peur de ne pas être très objectif.

28
mar

À Cuba aussi !

Ah bon ?

fragments d’île: détails
«de toute façon, dans notre pays, tout le monde sait bien que personne ne vit de son salaire»




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