Archives du tag pour 'les-privatisées'

25
jan

L’administration municipale dans le collimateur

Je lisais en souriant l’autre jour que le Maire de Paris avait un peu dépassé les bornes en augmentant considérablement le nombre d’employés municipaux. Plus de 50.000 personnes, c’est vrai, ça fait quand même un chiffre.
Ici à Buenos Aires, pour autant qu’on puisse le savoir avec certitude, c’est que tout est bien compliqué ma pauvre dame, on dépasse allègrement les 120.000 personnes.
Chaque administration a laissé sa couche de ñoquis, ceux que l’on paye sans qu’ils ne viennent jamais, ce sont certainement les moins coûteux, ils ne dépensent ni électricité ni papier, ceux qui ne sont là que pour organiser des rackets divers, ceux qui répondent à des mouvements politiques ou syndicaux.
En partant, Telerman n’avait pas échappé à la coutume puisqu’en plus de ceux qu’il avait titularisés pendant sa courte période de Maire il avait titularisé plus de 2300 personnes juste avant son départ.
Les services de santé, la sécurité sociale, gérée par les syndicats ont dû être intervenus pour de nombreuses irrégularités. Un classique, vous pouvez voir à ce sujet un billet de Dul qui vous en parle.
Bref une image qui se répète malheureusement dans toutes les administrations argentines qu’elles soient municipales, provinciales ou nationales.
Cerise sur le gâteau, ce matin on vient d’apprendre que les services de médecine du travail de la Mairie avaient donnés plus de 2.700.000 jours de maladies aux employés municipaux en 2007. L’équivalent de 73 siècles et de 20 jours de maladie par employé municipal.
Je ne sais pas s’il pourra faire grand-chose, mais il me semble important de mettre, comme il le fait, tout cela au grand jour. Ce n’est pas un problème spécifique à la Mairie de Buenos Aires, il est commun à toute l’administration argentine et a été la cause ou peut-être la bonne excuse pour les privatisations des années 90.

Imaginez un instant que nos syndicats ressemblent plus à des organisations mafieuses qu’à ce que nous connaissons aujourd’hui. Qu’on leur donne à gérer notre système de santé. Que leurs patrons, sans que le moindre contrôle soit possible, soient propriétaires d’appartements valant des millions d’€uros, de larges exploitations agricoles dans la Beauce et de somptueuses villas de vacances à Saint-Tropez, qu’ils ne soient jamais remis en cause, qu’ils passent le relai syndical à leurs enfants comme un droit régalien et qu’il vous faille faire des kilomètres et attendre des jours entiers pour voir un médecin !
Et tout cela, au nom de forces soi-disant progressistes.

30
avr

Une femme d’affaires

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La surprenante visite de Cristina au Mexique, on aime Cristina dans ce blog, destinée, selon la presse argentine, à renforcer son image internationale, avait un objectif principal : Carlos Slim.
Carlos Slim est la deuxième fortune mondiale, 53 milliards de dollars, une fortune faite dans les télécommunications. Il possède 90% du marché mexicain avec des tarifs, selon le magazine Forbes, défiant toute concurrence. Pas dans le bon sens ! Les tarifs mexicains sont les plus chers du monde et le coût d’une communication au Mexique facturée par notre ami Carlos est 50% plus élevée qu’une communication facturée dans un autre pays par sa société.
Il est présent partout en Amérique latine avec sa société CTI de téléphonie cellulaire, 100 millions d’abonnés.
L’Argentine, il connaît.
Le problème c’est Telecom. À l’origine, une association entre Telecom France et Telecom Italie qui a permis aux Français de se rendre compte de quelle ahurissante manière les Italiens avaient pompé leurs programmes informatiques, certains était toujours dans la langue de Molière, et qui est devenue au départ de Télécom France une association entre Telecom Italie et un groupe d’investissement local. (voir détail).
Lors des privatisations, le marché avait été divisé entre ce groupe et Telefonica (Espagne).
Le problème, si vous suivez les informations économiques internationales, c’est que Telecom Italie est actuellement la cible de plusieurs groupes. Le gouvernement Italien a bien repoussé il y a une semaine ou deux une OPA d’ATT et Carlos Slim sur le capital de la société, mais n’a pas pu empêcher Telefonica en Espagne d’acquérir les actions que détenait Pirelli dans le groupe.
Gros à parier, qu’au nom de la concurrence, Carlos Slim intègre le capital de Telecom en Argentine, et que s’il n’a pas pu rentrer par la porte il y a quinze jours, on va lui donner assez rapidement les moyens de rentrer par la fenêtre.
Comme on dit dans la presse spécialisée : Telecom argentine, une action à suivre.

16
déc

40,5º et la forme

Parce que par ici il n’y a pas de coupures d’électricité, je remercie du fond du coeur les importants politiques et fonctionnaires qui vivent à côté de chez moi.
La clim est à fond et c’est super, et pas cher.
Les entreprises électriques qui sont maintenant toutes argentines, olé, olé viennent de faire part, il a bien fallu la semaine passée après les coupures répétées, des problèmes rencontrés. Elles perdent de l’argent et manquent d’électricité. 200 millions, pour l’une des deux, le dernier trimestre.
Mais pas de problème, les jours qui viennent promettent de l’orage et une forte baisse de la température, nous pourrons donc écouter de nouveau le gouvernement rabâcher :
Il n’y a aucun problème énergétique dans ce pays.

22
mar

Les privatisées et la mafia

Je me suis souvenu, ce matin, d’une conversation que j’avais eue avec l’un des cadres d’une entreprise privatisée à l’époque de Menem, conversation qui m’avait profondément marqué et dont je me suis souvenu après avoir écrit mon billet d’hier sur le départ de Suez d’Argentine.
Cette conversation a eu lieu il y a exactement deux ans.
Cet homme ne travaillait pas dans l’eau potable, pas de rapport direct à établir. Mais peu importe. Lorsque Menem s’est débarrassé de ses services publics, c’est qu’ils généraient des pertes considérables pour l’État, qu’ils étaient ingérables et totalement inefficaces.
Cet homme était responsable technique pour une entreprise qui emploie toujours des milliers de travailleurs et qui intervient dans tout le pays.
Et puis, me dit-il aussi, je fais parti du comité antimafia au sein de la société.
Comité antimafia, cela existe toujours après huit ans de privatisation ?
Bien sûr, il y a moins de travail qu’au départ, mais il y a toujours des problèmes. Voyez-vous il ne s’agit pas simplement d’éliminer un réseau mafieux, ceux qui volent du matériel, ceux qui falsifient la comptabilité, ou qui revendent directement nos services ou bien encore qui rackettent nos sous-traitants. Il s’agit d’arriver à la tête et bien souvent nous échouons dans cette tâche, alors les réseaux se reconstituent.
Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que nous avons découvert. Vous le dirai-je, vous auriez du mal à me croire, conclut-il.
Et vos investissements, c’est quand même pour cela que j’étais là et je revins donc à l’objet de ma visite.
Rien pour vous, vous venez après tout le monde et vous savez que nous allons faire un très gros effort pour nous mettre dans les normes du marché international.
À ce propos ajoutai-je, j’ai effectivement lu, il y a plus d’un an que vous aviez signé ce contrat pour vous moderniser. Pourquoi parlez-vous du futur, rien n’est encore installé ?
Non, me dit-il, les décisions sont prises, les financements sont OK, mais il reste encore à l’entreprise qui nous fournit à convaincre les syndicats.
J’ouvrais tout grand mes yeux :
Rien ne se fera s’il n’y a pas d’accords passés entre eux, le problème c’est qu’ils sont plusieurs et nous ne voulons pas dépasser le budget que nous avions fixé.
Vous voulez dire que, et d’un geste de la main je fis glisser mon pouce sur mon index plusieurs fois… vous ne pouvez pas passer outre ?
Avec un sourire crispé, en se levant et en guise d’au revoir, il ajouta : Il y a des mafias dont on ne peut pas se défaire. Vous savez ce que coûterait une grève à cette entreprise ?

21
mar

Aguas Argentinas nationalisée

Je crois l’avoir dit plusieurs fois, ici dans ce blog, chercher un autre opérateur privé pour remplacer Suez n’était pas la meilleure solution que pouvait trouver ce Gouvernement.
Il n’y a pas beaucoup de raisons, à moins d’une incompétence notoire, ce qui n’était pas le cas, pour qu’une autre entreprise puisse faire mieux dans les mêmes conditions tarifaires.
Puisque le prix de l’eau est un coût social, il appartenait à l’État de prendre ses responsabilités et gérer ce monstre.
Une aubaine pour les politiques et les syndicats, mais la seule solution possible.
Il ne reste plus qu’à espérer que les coûts réels restent dans une assiette acceptable, que ce ne soit pas l’entreprise ou l’on place ses amis quand on se sait plus quoi en faire et que les investissements qui restent à faire ne soient pas grevés par des frais latins exorbitants.
Ne rêvons pas.
El Gobierno rescindió el contrato con Aguas Argentinas | LANACION.com
El Gobierno rescindió el contrato con Aguas Argentinas
Voir vidéo :

16
fév

L’Argentine choisit Eurnekian pour négocier avec Suez

Cela va faire plusieurs crocodiles dans le même marigot.
Ici petite liste de mes articles sur le personnage :
Alicia Castro accuse
Eurnekian fait des siennes en Italie
Les Marocains ne sont pas au parfum
Les concessions : deux poids et deux mesures
Eduardo Eurnekian, Aeropuertos 2000, 33 aéroports, une concession inoxydable

11
déc

Retour à l’époque Alfonsin

On ne pourra pas éviter les coupures d’électricité cet été.
Advierten que no se podrán evitar los cortes de energía | LANACION.com

14
oct

Quand SUEZ s´appelle AGBAR, ça va beaucoup mieux

Monsieur Kirchner est en Espagne et l´un des problèmes qu´il s´est promis de régler c´est le départ de Suez.
Qui aimerait- il voir remplacer SUEZ, AGBAR, c’est-à-dire SUEZ. Voir précédent article ici.
Vous ne comprenez pas ? Ne vous inquiétez pas, moi non plus.
Il aurait été vraisemblablement plus raisonnable d´en faire un service public. Quand on compte dans sa population 50 % de pauvres, il me semble que certains services de base devraient être gérés par l´Etat, l´eau en particulier.
Mais bon, dans le péronisme lorsqu´on arrive à la croisée des chemins, il faut savoir différencier les symboles et les réalités. Souvenez-vous de cette histoire du chauffeur de Perón qui lui demandait, mon Général je tourne à droite ou à gauche ? Comme d´habitude répondit-il, tu mets le clignotant à gauche et tu tournes à droite.




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