La Bolivie destabilisée par les séparatistes
Opposée au gouvernement, la riche Santa Cruz mène la lutte séparatiste des provinces les plus prospères. Sur le banc des accusés, la réforme agraire du premier président indigène Evo Morales.[…]
Indigène : Plus généralement, son emploi dans le domaine des sciences sociales et historiques a longtemps eu (et a parfois encore) en français une connotation péjorative liée à l’évolution sémantique qu’il connut durant la période coloniale. Familièrement un indigène désignait « un individu non civilisé » ou « qui n’était pas citoyen à part entière de la nation »
Ou encore : Qui est originaire d’un pays outre-mer et qui appartient à un groupe ethnique qui existait avant la colonisation.
Il ne l’a pas fait. Une petite description pour savoir qui demande une autonomie est suffisamment parlante. Il n’est pas trop tard pour le faire.
Une autonomie qui se ne fera jamais, même si le oui à ce referendum l’emporte dans la Province de Santa Cruz, mais un risque grave de guerre civile. Il est temps de couper les ailes à ces jean-foutre.
La Bolivie à la croisée des chemins
[…]Le département de Santa Cruz renferme une bonne partie des réserves de gaz naturel et, surtout, est structuré territorialement en vue de la grande agriculture d’exportation, de soja en particulier. Plus de la moitié des terres cultivables, beaucoup plus riches du reste que celles du plateau andin, servent à la culture du soja.Contrairement à ce qui est survenu sur le plateau andin et dans certaines vallées, les «basses terres» des départements de Santa Cruz, du Beni ou de Pando n’ont pas été redistribuées lors de la réforme agraire de 1953. Au contraire, elles ont été l’objet de cadeaux aux amis des régimes de dictature (1964 à 1982) et aux amis de ceux de la période démocratique depuis 1982. Des dizaines de milliers de kilomètres carrés de terres et de forêts furent ainsi attribués à des entrepreneurs, à des politiciens, à des dirigeants de comités civiques et à des investisseurs étrangers.[…]
PS : Vous avez vu j’ai réussi à dire tout ça sans connotation politique, sans isme grandiloquent. Que voulez-vous le salopisme ça n’existe pas en français.
Ce n’était pas une élection de plus. La crise économique que traverse le pays, le nombre de pauvres qui a augmenté, en provenance de la campagne vers les villes, en raison l’extension sans partage de la culture du soja, le chômage, l’absence de politique de santé et d’éducation, l’émigration d’une grande partie de la population vers l’Argentine, l’Espagne ou les États-Unis, ont transformé de manière radicale la société paraguayenne et viennent d’imposer une nouvelle réalité sociopolitique.
Ces vingt dernières années, malgré le retour à la «démocratie» (laissons ce terme entre guillemets) ses problèmes ont augmenté et sont devenus de plus en plus insupportables pour une large majorité de la population. L’absence de travail, l’impossible accès à la santé et à l’éducation ne pouvaient plus se régler comme autrefois par la distribution de quelques prébendes en périodes électorales, par la distribution de médicaments et de nourriture pendant les campagnes présidentielles.
L’impatience de la population avait atteint ses limites et elle va demander rapidement des réponses effectives et concrètes à ses problèmes endémiques. L’élimination de la corruption, une administration publique qui devra devenir efficace, un système judiciaire indépendant, transformer les entreprises d’État en entreprises rentables, des soins gratuits, l’éducation pour tous, donner du travail, redonner une chance aux petits agriculteurs et faire revenir une partie de la population dans les campagnes, développer une industrie pratiquement inexistante, ce sont les tâches qu’attende Monsieur Fernando Lugo.
On lui donnera peu de temps, peu d’argent et vraisemblablement peu de techniciens pour réaliser cette énorme tâche. Souhaitons que chaque petit parti qui l’a amené au pouvoir ne réclame pas trop de visibilité politique que le chantier qui doit s’ouvrir ne se transforme pas en débat politique permanent et passe plus de temps à construire qu’à critiquer ses prédécesseurs.
Il s’appelle Roberto Hernández, Ministre du Travail dans le très bolivarien gouvernement d’Hugo Chávez. Il officiait ce jour-là comme vice-Président de l’Assemblée nationale.
Il vient d’être nommé, son prédécesseur vient de se faire virer avec pertes et fracas. Il faut dire que pour nationaliser Ternium-Sidor, une entreprise du groupe Techint (Italo-Argentin) au Venezuela, Hugo Chávez a pris comme prétexte l’impossible négociation de salaires entre l’entreprise et ses salariés qui détiennent 20 % du capital.
Mais non, mais non, crut bien dire le ministre du Travail !
Manifestement son remplaçant aura les dents moins longues.
Autant parler de ce dont personne ne parle. Evo Morales fait silence. Il fait silence sur les incidents de frontière entre la Colombie et l’Équateur.
Il a juste dit, lundi à la première heure : je ne crois pas à l’utilisation des forces armées ni aux discours de guerre.
La sagesse est mal partagée dans le monde en général et dans cette région en particulier, mais pour une fois, en passant par le Pérou et Alan Garcia, le Chili et Michelle Bachelet, le Brésil avec Lula (bien expliqué dans le blog de Francis) et même, dans une moindre mesure, à cause l’allégeance financière et énergétique que l’Argentine a envers le Venezuela, par Cristina Kirchner.
Pourquoi Correa continue-t-il à refuser un jour ce qu’il a accepté la veille, c’est une question qu’on est en droit de se poser. Influençable en présence de Chávez, certainement… Influençable en présence du pathétique Ortega, faut quand même pas exagérer. Mais en remettre une couche tous les jours cela nuit à une image de sérieux qu’il avait réussi à se forger.
Non ce qui tord les tripes de Correa c’est que ses forces armées ont laissé faire. Les radars n’étaient curieusement pas en route, les terroristes pas protégés (car s’ils venaient pour négocier on ne pouvait quand même pas les laisser à propre leur sort).
On a mis plus de 10 heures dans une zone sensible et en théorie fortement balisée à atteindre le lieu des incidents.
Ne devenons pas les instruments de monsieur Chávez, on est loin d’une reconquête bolivarienne par les armes des pays andins, on est loin du quatrième Reich qu’il appelle de toutes ses forces.
Cool les gars, cool !
le lien en espagnol Tout d’abord ce qui est urgent
Un de nos plus féroces ennemis vient d’attaquer l’Équateur. Nous ne faisons pas allusion à une armée étrangère sinon aux pluies, aux débordements aux inondations. Leurs conséquences font que déjà de nombreux citoyens sont morts que des dizaines de milliers d’autres sont réfugiés. Le coût des dégâts matériels est en constante augmentation.
Ces derniers jours, une incursion militaire colombienne à la frontière a eu lieu. Par chance, elle n’a fait aucune victime humaine ou matérielle parmi la population.
Ces deux crises méritent l’attention du gouvernement, chacune dans une juste proportion. Le plus urgent est d’aider les victimes de la crise due au climat. De nombreuses personnes sont sans moyens de communication, ont perdu leurs maisons, n’ont pas de quoi se nourrir sans mentionner l’absence d’eau potable ou d’électricité. C’est ici que les ressources de l’État doivent être utilisées sans tomber dans le piège et la provocation de ceux qui voudraient que l’Équateur rentre dans un conflit armé auquel il est étranger.
Que seule la diplomatie se charge de la crise à la frontière et défende la juste position de l’Équateur.
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