Ce qui a mis en colère le Président, c’est d’avoir appris, la semaine passée par le Directeur des douanes, l’existence de cette affaire qui a maintenant 7 mois d’existence. Pampuro, le Ministre des Armées n’était pas non plus au courant.
Quoting from Libération:
Trafic aérien de cocaïne de Buenos Aires vers Madrid
L’armée de l’air argentine serait impliquée dans la contrebande.Par Antoine BIGO
samedi 19 février 2005 (Liberation - 06:00)
Buenos Aires de notre correspondantEn épurant sans attendre l’état-major de l’armée de l’air, soupçonné d’être impliqué dans un trafic de cocaïne, le président argentin Nestor Kirchner espère ne pas être éclaboussé par un scandale qui met aussi en cause une compagnie aérienne dont l’Etat argentin est un des actionnaires.
A première vue, avec son lot de témoins anonymes, de bandes vidéo effacées, de «valises volantes», l’affaire pourrait presque paraître banale en Amérique du Sud. Mais l’ampleur de la contrebande à destination de l’Europe, 750 kg de cocaïne en moins de six mois, illustre l’omniprésente corruption qui gangrène la société argentine et l’impunité acquise par les militaires qui, depuis la dictature (1976-1983), assurent la sécurité de l’espace aérien civil et des aéroports locaux.
Détention préventive. L’histoire qui vient d’être révélée commence en septembre 2004 à l’aéroport international de Madrid. Arborant des étiquettes «Ambassade d’Argentine en Espagne», quatre valises, arrivant de Buenos Aires par un vol de la Southern Winds ne sont pas réclamées. Les douaniers espagnols y découvrent 60 kg de cocaïne. Le principal suspect est le chef d’escale à Madrid de la compagnie argentine. Interrogé à Buenos Aires, il sera finalement libéré avant que le juge, s’apercevant de son erreur, le fasse à nouveau rechercher par Interpol. Deux responsables de Southern Winds, le gérant commercial et le chef d’escale d’Ezeiza, l’aéroport international de Buenos Aires, sont alors mis en détention préventive. Mais très vite les soupçons se portent sur un autre employé de la compagnie, Walter Beltrame, chargé des voyageurs en classe affaires et premières de Southern Winds. En fuite, cet employé est le fils du responsable de l’armée de l’air en charge de l’aéroport. Il vient de se livrer à la justice et est actuellement interrogé.
Selon les premiers éléments de l’enquête, entre avril et septembre 2004, il aurait fait l’aller-retour Buenos Aires-Madrid presque chaque semaine. Son père est limogé ainsi que le responsable de la PAN (Police aéronautique nationale) et, finalement, le chef d’état-major de l’armée de l’air, pilote de chasse, ancien héros de la guerre des Malouines. Un civil, le numéro 2 du ministère de la Défense, est chargé de reprendre en main la sécurité des aéroports et de l’espace aérien civil jusqu’alors assurée par des militaires. Selon Ricardo Etchegaray, le directeur des douanes, 50 «valises volantes», c’est-à-dire n’appartenant à aucun passager ce qu’interdisent les règlements aéronautiques auraient effectué le vol Buenos Aires-Madrid de la Southern Winds avant la découverte du pot-aux-roses. Les douaniers de l’aéroport se plaignent de ne pouvoir effectuer leur travail sans demander l’autorisation aux militaires et accusent de négligence la société privée chargée par Southern Winds de contrôler les bagages.
Base d’expédition. «L’importance des quantités de drogue introduites illégalement en Espagne démontre indiscutablement l’existence d’une chaîne de complicités entre la police aéronautique et la compagnie aérienne», affirme Carlos Liporace, le juge chargé de l’enquête. Selon ses premières déclarations, la drogue proviendrait de Colombie. L’Argentine, nouvelle base d’expédition de la cocaïne vers l’Europe et les Etats-Unis est dans le collimateur de la DEA (Drug Enforcement Agency) américaine. Le nord du pays, peu surveillé, est en effet truffé de pistes d’atterrissage sommaires.
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld est d’ailleurs attendu le 6 mars prochain à Buenos Aires pour convaincre les autorités argentines de s’équiper de radars modernes capables de discerner les avions légers des contrebandiers.







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