Trois questions à Gilles Luneau :”On reste dans les fondamentaux du péronisme”
554 lecturesAllez lire tout l’article. Enfin du travail de journaliste sur l’Argentine.
“On reste dans les fondamentaux du péronisme”, ARGENTINE : CRISTINA KIRCHNER ELUE PRESIDENTE
[…]Elle a déclaré vouloir continuer la politique de son mari… Sa force c’est la légitimité des urnes, le clientélisme rodé de son parti et ce remake psychologique du couple Juan et Evita Peron idéalisé par l’imaginaire collectif argentin. On reste donc dans ce populisme que les Argentins estiment singulier parce qu’ils l’appellent péronisme. Kirchner, mari ou femme, ne sont pas des gens de gauche, ce sont simplement des personnalités à la gauche de la droite.[…]

30 octobre 2007 at 11:50
Analyse très partielle. Résumer le succès du couple Kirchner à l identification des Argentins au péronisme, aux pratiques clientélistes et à la corruption relève du cliché. Même si ça justifie une partie du “vote Cristina”, il ne faudrait pas oublier que depuis quatre ans le “frente para la victoria” a ratissé beaucoup plus large que les secteurs traditionnellement péronistes, en récupérant notamment une grande partie de l électorat de classe moyenne (hors Capital federal). Logique quand on sait que ce sont surtout ces classes moyennes (avec les élites) qui ont profité de la reprise économique.
Et puis sur la soit-disant “plus grande abstention de l histoire électorale de l Argentine” (27%), au sens strict peut-être, mais ça a de quoi faire sourire (législatives d octobre 2001 avec 25% d abstention et 24% de votes blancs et nuls).
Je suis par contre d accord sur le fait que les Kirchner demeurent dans la tradition péroniste d un point de vue idéologique en maintenant l ambiguité droite-gauche.
Pour ce qui est de la fraude (qui semble bien réelle), ça semble tout de même bien dérisoire au vu des résultats de dimanche.
30 octobre 2007 at 12:42
Pierre, excellente utilisation du “si, pero verás”
30 octobre 2007 at 12:57
Ouais comme Pierre, intéressant, mais un peu léger comme analyse, par contre peut-on faire une analyse plus profonde c’est une autre question.
L’abstention dénote quand même un désintérêt de la politique des argentins mais aussi d’une défaillance des institutions, je n’ose imaginer dans la situation actuelle si le vote devenait facultatif.
Une chose dont on parle peu c’est que les deux ennemis radicaux ou ex radicaux font 40% des voix. J’espère que ça leur servira de leçon pour la prochaine fois l’union avant la désunion, ça aidera peut-être à changer les choses….
Enfin tant qu’il y aura les syndicats…
30 octobre 2007 at 13:40
Dul un article se fait avec un certain nombre de mots qui sont accordés par le rédacteur en Chef. 500, 1000, 1500 que sais-je, cela dépend.
Dire que tout cela mériterait approfondissement m’amuse un peu quand on connaît le fond du problème. Il est vrai que c’est toujours mieux de délayer afin que chacun puisse trouver son bonheur, la petite phrase qui confirme bien ce qu’il pensait plutôt que celle qui l’irrite.
C’est comme cela la vie.
Quant au parti radical, il n’existe plus. Point, fini, pschitt ! Il avait fait 2% ou 3 aux dernières élections.
Lavagna, péroniste tendance Duhalde le représentait, c’est tout dire.
Carrio a préféré prendre un socialiste comme candidat à la vice-présidence, plutôt que de faire des alliances contre nature. C’est tout à fait respectable et c’est peut-être le seul moyen pour que les socialistes divisés en un nombre de partis impressionnants se retrouvent. Une alliance qui a d’ailleurs porté ses fruits à Santa Fe. Voir aussi la Terre de Feu.
C’est la nouvelle opposition qu’on le veuille ou pas, celle qui arrivera peut-être à changer le pays, plus attentive aux problèmes de corruption qu’aux certitudes idéologiques ou partisanes. Plus partisanes qu’idéologiques d’ailleurs.
Tiens, je suis prêt à prendre un pari pour dans 4 ans, un des binômes de candidats sera constitué par Macri et Sciolli, je ne sais pas qui prendra le dessus, mais pour moi c’est comme si c’était écrit.
30 octobre 2007 at 14:09
Dans un article pour internet il est en effet dûr d’approfondir (au passage, l’article de cette semaine dans la version papier était pas beaucoup mieux…). Mais l’analyse est tout de même un peu “barata”. Le “péronisme de toujours” (s’il a déjà existé) est mort en 1989. Si un ensemble de pratiques et une mémoire partagée demeurent, c’est surtout grâce au formole.
Au passage, si le radicalisme (en temps que parti, l’UCR), est en état de mort clinique depuis 2001 (quand débranchera-t-on les appareils..??), les deux candidats qui s’apparentent au discours radical, notamment sur le institutions (Carrio et lavagna) récoltent en effet 40%. On note tout de même qu’entre Carrio, Lavagna, Macri, Sobisch, Lopez Murphy (faut-il encore en parler ?), ça fait beaucoup de présidentiables pour un espace politique de centre-gauche-droit (selon la façon de voir les choses…)
Autrement, les Kirchner ont fait le ménage chez eux, puisque Rodriguez Saa est inexistant en dehors de San Luis, et Menem peut enfin être déclaré hors course. C’est déjà ça…
30 octobre 2007 at 14:30
Carrio, Lavagna, Sobisch, Lopez Murphy ne seront vraisemblablement pas candidats.
Carrio car c’est sa volonté. Lavagna aura certainement atteint une limite d’âge qui lui enlèvera le désir. Les deux autres ne représentent plus qu’eux-mêmes.
Binner par contre pourrait très bien faire une OPA sur le parti de Carrio qui commence à se structurer et préparer des cadres à travers l’Institut Hanna Harendt.
Les Kirchner seront certainement, même si ce n’est pas leur désir, hors course, les affaires de corruption vont continuer. Intéressant d’ailleurs de noter que la corruption n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui, elle dépasse les 35 à 40% pour les grands travaux que l’État confie a la patria contratista. Même en période de vaches grasses dues aux exportations de soja, ça fait un sacré trou.
Bref, et je peux me tromper, dans ce genre d’exercice, personne n’est à l’abri. je vois bien un duo Binner ARI contre Sciolli-Macri.
Bien entendu il y aura une foultitude de petits candidats. C’est la règle un peu partout.
Ahhh, ce que les Argentins détestent qu’on parle du péronisme !
30 octobre 2007 at 15:17
Un ticket ARI-Binner semble possible sur le papier, mais difficile. Les deux partis sont peu implantées au niveau national, et notamment dans la province de Buenos Aires. c’est pour cela que sauf retournement de situation dans les quatre ans qui viennent, il me semble impossible de gagner la présidence sans contrôler la province Buenos Aires (Alfonsin y était arrivé en 1983), ce qui implique à mon avis la présence d’un péroniste dans la formule.
Cela donne à Scioli un rôle clé à l’avenir, et ouvre peut-être une porte au centre-droit… mais avec un programme qui le dit pas trop fort. La droite non-péroniste n’a jamais gagné d’élection présidentielle depuis 1916 (avec un programme ouvertement de droite, cf. De la Rua), ils devront donc la jouer fine. Pour ce qui est des Kirchner, je ne les porte pas dans mon coeur, mais je les vois installés au pouvoir pour encore un petit moment.
30 octobre 2007 at 15:58
C’est vrai Pierre, mais la Province de Buenos Aires n’est pas toujours invincible, souvenez-vous de Graciela Fernández Mejide
Mais c’est vrai faut pas rêver !
30 octobre 2007 at 18:34
Exact. Mais le parachutage de Cristina semble avoir bien fonctionné (cf. les élections de fin 2005). Duhalde ne semble plus peser réellement. Sola pourrait passer au gouvernement. Il reste à voir si Scioli sera capable d’en faire son fief.
30 octobre 2007 at 19:13
Je trouve chacun de vos commentaires mille fois plus intéressants que ce que j’ai lu dans les grands quotidiens nationaux!
Merci messieurs de nous faire connaître la politique argentine autrement, même quand vos préferences sont affichées!
30 octobre 2007 at 19:37
C’est vrai Aless c’est toujours agréable d’avoir ce type d’échange de points de vue qui sont enrichissants tant pour ceux qui y participent que pour les lecteurs.
30 octobre 2007 at 19:46
De même !