Je reproduis une partie du mail que je viens de recevoir :
Aéroport de Guayaquil, samedi 25 novembre, 05h 30. Comptoir Air France-KLM.
Je voyage avec un sac de voyage pour les effets personnels, un sac de voyage pour les livres et documents rassemblés tout au long du périple. Plus deux bagages à main que sont un ordinateur et un sac photo. L’employée du comptoir me dit que j’ai droit à 20kg maximum en soute et qu’avec un peu plus de 24 kg de bagages de soute en trop, je dois payer une taxe. Je dis oui mais je prends le temps d’expliquer le voyage sur les traces de José de San Martin et Simon Bolivar, le livre, l’exposition avec un panneau de remerciements à toutes les personnes et entreprises qui auront eu la courtoisie de me faciliter la tâche. Qu’en général, les compagnies aériennes montrent de la compréhension pour le barda des journalistes. Journalistes qui toute l’année grimpent dans leurs avions, raison pour laquelle je suis membre de Sky-Team le réseau de compagnies dont KLM et Air France sont si fiers. Elle ne veut rien entendre et m’annonce que je dois payer plus de 800 dollars américains de supplément !!!
Je reste calme et, toujours souriant, j’explique que c’est la première fois dans l’histoire européenne et même américaine, la première fois dans le monde, que quelqu’un est assez fou pour faire ce que je fais. Que toutes les compagnies aériennes ont compris le caractère exceptionnel de cette collecte de quelques 24 kg livres et documents. Que pour plus de cinq semaines de voyage avoir un sac d’effets personnels de 22 kg ce n’est pas anormal.
Après le sourire et les explications, je tente l’humour : Que si l’on m’autorisait 20kg sur chaque tronçon de vol effectué sur ce périple, j’aurai un crédit de plusieurs dizaines de kilos ! Je pèse 67 kg, si j’avais les livres dans les poches je ne ferai que 91kg. Un passager de ce poids n’est pas surtaxé. Pas encore. Rien n’y fait. Pour ne pas la pousser à enfreindre la règle, je propose de mettre une partie des livres dans le sac en soute et une partie en bagage à main. Et je paierai un petit supplément. L’employée au comptoir semble acquiescer et me dit sortir de la zone de comptoir pour opérer le changement, et de refaire la queue… Je garde environ 10 kg de livres en bagage à main.
Nouvelle présentation, trois comptoirs plus loin. Là, on me demande de peser tous les bagages à main et que de toute façon, ils sont limités à deux. J’explique que journaliste, je voyage depuis 30 ans, que l’on ne m’a jamais fait peser appareils photos, caméras, films, ordinateurs. Là je comprends que, retranchée derrière le règlement, la première fille a passé la consigne de m’emmerder au maximum, qu’elle ne supporte pas l’idée que j’embarque. Je demande à voir le ou la chef d’agence. L’agence est fermée jusqu’à lundi. Le superviseur de service prend son téléphone et je vois cinq comptoirs plus loin la première fille décrocher. Je sais alors que je suis foutu. On me représente la note de plus de 800 dollars. Je refuse d’embarquer, et change de ton. J’aurai plaisir à raconter partout, conférences et expositions, la connerie sans nom de la compagnie. La fille me dit que j’aurai une amende pour changement de billet, je lui réponds que l’amende et la nuit d’hôtel supplémentaire n’arrivent pas au quart de ce qu’elle me demande de surtaxe. Que cette situation est aussi lamentable pour la compagnie que pour moi. Elle a l’air de s’en foutre. Je me retiens, par respect pour la personne, de lui dire qu’une entreprise qui ne permet pas l’initiative à ses employés face à des situations exceptionnelles, ou simplement des employés incapables de prendre une initiative, ne sont qu’un troupeau de cons. Mêmes les animaux prennent des initiatives face à l’imprévu. On n’a jamais vu un veau faire référence au règlement ou à l’ordinateur pour refuser d’avancer. L’autre aspect lamentable de cet incident, c’est le dommage à Air France. Pour faire Paris-Buenos-Aires-Guyaquil-Paris, j’ai acheté un billet Air France. Une compagnie qui a toujours été courtoise, qui a toujours facilité la tâche des journalistes. Je me souviens d’un sauvetage en Roumanie où, arrêtés avec Pierre Blanchet par la police politique, nous avons du notre salut à l’initiative d’une part de la Consul de France qui vint, carte tricolore à la main nous extirper du bureau où nous étions détenus et fermement interrogés, et d’autre part d’un commandant de bord d’Air France qui refusa de décoller sans nous, alors que nous n’avions même pas de billet sur ce vol !!! je n’ose imaginer ce qui se produirait aujourd’hui avec une délégation à KLM. Bref, le Sky-Team peut faire prendre des risques. Qu’on se le dise. (d’ailleurs, si tu veux le raconter sur ton blog, why not). Je n’aurai pas eu a attendre lundi, j’aurai envoyé les bouquins par la poste. Je suis allé chez DHL. Moitié moins cher que KLM. Mais j’ai perdu une demi-journée en démarches car ma carte visa a encore été refusée. Et je n’ai pas pu tirer plus de 100 dollars d’un distributeur. Donc trouver qqun pour changer des euros. J ‘y ai gagné une rencontre avec le responsable du musée municipal qui m’ a donné plein d’infos sur mes héros préférés. Une soirée avec l’arrivée en bateau pirate du père noël sur le Malecon. Torride. Et j’ai pris l’avion dimanche matin. Equipage KLM hautain, ne parlant meme pas castillan. Sauf un, qui lisait les consignes en espagnol avec l’accent teuton, mes voisins de fauteuils, équatoriens, ne comprenaient rien.
Gilles Luneau








on nov 28th, 2006 at 12:47
Il m’est arrive exactement la meme chose lorsque je suis rentre d’Argentine (sur Air France) en Aout 2005. DHL fut aussi la solution. Evidemment mon coli a ete bloque a la douane argentine qui l’a garde 1 mois avant de le laisser passer et de me facturer 50 euros de frais de garde.
J’ai aussi fait la princesse (pas au point de demander un traitement special au titre de ma profession quand meme) et pousse mon coup de gueule. Avec le recul je crois que j’aurais du m’organiser autrement.
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on nov 28th, 2006 at 12:54
Bien sûr, mais pas toujours facile, surtout quand on a l’habitude d’être traité correctement. Le périple de Gilles a été long, il a ramassé livres et documentations pour son bouquin, de pays en pays. Au terme du voyage tout s’est amassé d’une manière critique.
Aurait-il eu le même accueil s’il avait été journaliste Danois ?
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on nov 28th, 2006 at 13:25
Qui sait… Mon hotesse air france m’avait dit qu’ils avaient recu la consigne d’etre intransigeant. C’est sur que le prix de l’excedent de bagage est absolument scandaleux.
Je crois que j’ avais fait reellement pitie a l’hotesse (ou qu’elle avait des remords), car elle m’attendait a la sortie de DHL et m’a fait passer la douane et amene a l’avion en priorite, avion qui m’attendait avant de decoller.
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on nov 29th, 2006 at 6:30
Pas de bol, certainement de mauvaises habitudes prises par KLM.
Je suis revenu de Bs-As par Alitalia (skyteam aussi) en juillet dernier, après 3 mois de recherches pour ma thèse, donc avec une valise pleine de livres et documents.
Après 30 sec de palabres, la charmante hôtesse de l’enregistrement des bagages m’a suggéré insidieusement de peser la valise qui contenait les documents en la laissant dépasser sur le rail métallique. Résultat ? 7,2 kg enregistrés au lieu des 29,5kg que pesait réellement la valise.
Merci Alitalia.
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on nov 29th, 2006 at 12:30
Fondamentalement c’est chiant mais elle fait son travail la pauvre dame. Je suis d’accord avec Alexis, ce qui est scandaleux c’est le prix de l’excèdent.
C’est marrant car l’épisode me rappel un boulot que j’ai fait où c’était moi l’emmerdeur. Je tenais la caisse du bal “Louis XIV” (oui ça existe) et on m’avait dit de n’accorder aucune reduc qq soit le “rang” de la personne. Alors j’ai pas transigé et un mec à eut le culot de me dire sur un ton désabusé “Vous faite votre travail après tout, si tout le monde faisait le sien en France le pays se porterait mieux”
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on nov 30th, 2006 at 19:58
Mouaich remi… enfin en l’occurrence, elle est tout a fait digne de s’inscrire dans la genealogie comportementale du veau.
Merci a ton pote, patrick, ce commis voyageur des lettres bolivariennes, pour ce mail impeccable et tranchant.
Tout n’est pas question de “rigueur professionnelle’ ‘d’application stricte des normes, mon brave j’y peux rien’, de “le pays irait mieux avec des gens qui font juste leur boulot” non plus.
tout ne reside pas la.
Le libre arbitre circonstancie, au cas par cas, d’un employe public ou prive, la sensibilite, la comprehension lucide, la proportionnalite et les consequences de la passivite ou de l action, meme si irreguliere, la mise au service d’autrui d’un petit bout de son pouvoir, pour aider, la, un instant, le plaisir d’une petite cause altruiste au mepris de la regle, excepcionnellement, quand les conditions se presentent, tout cela nous rend plus humain joder.
c est avec ces valeurs intransigeantes qu on commet aussi, dans d autres contextes, des delits et crimes de bureau…qui peuvent aller tres loin…
Je suis deja rentre d un an au mexique avec des excedents de 29 kilos.c etait avant le 11 septembre.c est passe avec qq genuflexions laiques.
pour le retour de bolivie, c etait 2 ans.bah, j etais le premier arrive a l aeroport.j ai pris la plus vilaine des hotesses (j ai hesite avec un chouchou).j ai fait le gars bien angoisse et desole de ce depassement.lui ai laisse une mini conserve de foie gras.et voila…
elle m a glisse un sourire en coin, et ma valise…
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on nov 30th, 2006 at 20:09
Merci Patxi pour ce commentaire. Je partage ton avis.
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on nov 30th, 2006 at 20:20
J’ai l’impression de regarder “c’est mon choix” en lisant tes propos Patxi
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on nov 30th, 2006 at 23:56
J’en suis a vrai dire fort ravi.”C’est mon choix”, la Evelyna Thomas en talons, la médiocrité nue, les néons criards, les bassesses merdeuses de notre condition humaine à tous, la, étalées sur un set de TV chauffé à bloc,
tout ce bon gout,
qui s’offre à nous,
wouw,
c’est toujours un spectacle assez bandant…
je suis content que tu aies apprécié ma réaction, comme j’apprécie la tienne.
Non mais on est pas là pour se crêper le chignon rémi. d’autant qu’on est chez tonton là, à se foutre des gnons maladroits sur la moquette (d’illeurs impeccable) du salon du padrino des blogues latinos…
et d’autant plus qu’il parait que tu fais un mètre 90, et moi la moitié.
mais mon opinion a au moins eu le mérite de te faire penser à un programme poujado-techno de la douce france que tu as mis à distance.pour un temps.
ce qui est déja très bien.
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on déc 1st, 2006 at 7:22
Entre executer les ordres sans se poser de question a la Vichy et l’”altruisme” a la latino-americaine, il y a surement un compromis a faire.
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