Un étrange trafic aérien
359 lecturesLouise Cunéo (à Buenos Aires)
Sur fond de crise économique et sur le papier, l’idée de Nestor Kirchner, le président argentin, paraissait simple. Le gouvernement devait subventionner la Southern Winds (SW), une petite compagnie aérienne, à hauteur d’un peu plus de 2 millions de dollars par mois. Dans ce but : recaser une partie des hôtesses et des pilotes des compagnies privées qui, depuis 2001, ont sombré dans la faillite. Et surtout éviter la constitution d’un monopole autour d’Aerolinas Argentinas, la compagnie nationale qui occupe aujourd’hui plus de 85 % du ciel argentin. Problème : basée à Cordoba, SW était en réalité une bien étrange entreprise. Les policiers viennent de mettre au jour un gigantesque trafic de drogue organisé par certains de ses salariés. Il y a quelques semaines, ce sont près de 60 kilos de cocaïne qui ont été découverts dans de fausses valises diplomatiques étiquetées « Ambassade d’Argentine en Espagne » et acheminées par la SW vers Madrid. L’enquête a coûté son poste au chef de l’armée de l’air et au directeur (militaire) de l’aéroport international de Buenos Aires.
Au sein de la compagnie, des têtes vont tomber et les jours de SW sont comptés : la subvention gouvernementale représentait un tiers de ses ressources en combustible et lui permettait d’entretenir ses avions…
