
Ce n’était pas une élection de plus. La crise économique que traverse le pays, le nombre de pauvres qui a augmenté, en provenance de la campagne vers les villes, en raison l’extension sans partage de la culture du soja, le chômage, l’absence de politique de santé et d’éducation, l’émigration d’une grande partie de la population vers l’Argentine, l’Espagne ou les États-Unis, ont transformé de manière radicale la société paraguayenne et viennent d’imposer une nouvelle réalité sociopolitique.
Ces vingt dernières années, malgré le retour à la «démocratie» (laissons ce terme entre guillemets) ses problèmes ont augmenté et sont devenus de plus en plus insupportables pour une large majorité de la population. L’absence de travail, l’impossible accès à la santé et à l’éducation ne pouvaient plus se régler comme autrefois par la distribution de quelques prébendes en périodes électorales, par la distribution de médicaments et de nourriture pendant les campagnes présidentielles.
L’impatience de la population avait atteint ses limites et elle va demander rapidement des réponses effectives et concrètes à ses problèmes endémiques. L’élimination de la corruption, une administration publique qui devra devenir efficace, un système judiciaire indépendant, transformer les entreprises d’État en entreprises rentables, des soins gratuits, l’éducation pour tous, donner du travail, redonner une chance aux petits agriculteurs et faire revenir une partie de la population dans les campagnes, développer une industrie pratiquement inexistante, ce sont les tâches qu’attende Monsieur Fernando Lugo.
On lui donnera peu de temps, peu d’argent et vraisemblablement peu de techniciens pour réaliser cette énorme tâche. Souhaitons que chaque petit parti qui l’a amené au pouvoir ne réclame pas trop de visibilité politique que le chantier qui doit s’ouvrir ne se transforme pas en débat politique permanent et passe plus de temps à construire qu’à critiquer ses prédécesseurs.
Bonne chance.








on avr 21st, 2008 at 15:33
Enfin un président honnête en Amérique du Sud?? on l’espère pour le Paraguay et le continent en général…bonne chance et bon courage car détruire le système en place ne va pas être sans risques et problèmes…
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