L’ incendie de la discothèque Cromagnon, après avoir détruit 193 vies est en train de détruire le peu de sens civique et d’esprit démocratique qui reste dans l’inconscient populaire et collectif des habitants de la Ville et de la Province de Buenos Aires.
Omar Chaban, c’ est son nom, a été immédiatement incarcéré après le drame. Le groupe de rock qui incitait les spectateurs à utiliser des feux de bengale dans un local fermé sont en liberté, le spectateur qui a mis le feu n’a pas été identifié, les responsables du service d’habilitation de la Mairie de Buenos Aires, à peine mis en examen, la police et les pompiers qui n’ont jamais daigné faire une inspection des locaux et les responsables politiques sont de plus en plus loin des regards des enquêteurs.
La décision de libérer Omar Chaban, en début de semaine, contre une caution de 500.000 pesos, a provoqué de la part des parents des victimes des manifestations dont la spontanéité me laisse rêveur.
On oublie les responsabilités des politiques, de la police, des spectateurs, du groupe de Rock et sus à l’Arabe. On oublie que ce drame est ni plus ni moins qu’ un drame lié à la corruption généralisée des institutions du pays. Le Président est intervenu en demandant purement et simplement de virer les juges responsables de cette ignominie, les politiques de tous bords se sont exprimés afin de rallier à eux un mécontentement populaire plus ou moins organisé. Blumberg organisera une marche.
Heureusement La loi de Lynch n’est pas en vigueur dans le pays.
La cour suprême, pourtant favorable au Président, a du intervenir pour lui demander un peu plus de modération, un peu moins de démagogie et le respect des institutions judiciaires.
Les journaux, de la droite à la gauche se joignent à l’ hystérie collective.
Chaban a renoncé a verser la caution, il a peur pour sa vie, et son avocat a déclaré devant les caméras de télévision que s’il payait et sortait il abandonnerait immédiatement sa défense. (Encore un courageux)
Il est évident que Monsieur Omar Chaban porte sa part de responsabilité dans ce drame et qu’il devra en répondre devant la justice. Loin de moi l’idée de le faire apparaître en victime, mais la justice ne se fait pas dans la rue, doit être équitable et ne peut servir les ambitions politiques des uns ou des autres.
Je trouve cela répugnant, rien d’ autre à dire que 50 ans de populisme et de fascisme, ça marque quand même une société, et pas de la meilleure manière.








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