
C’est un commerce qui s’est cassé la gueule, cela arrive dans tous les pays, des dettes, des problèmes, le commissaire-priseur s’en empare un jour et met en vente les locaux.
Connaissant une personne qui cherche un local à acheter dans les environs, je note donc soigneusement toutes les informations que le panneau indiquait. Surpris, quand même, que la vente qui devait se faire au mois de novembre 2004 ne semblait pas avoir eu lieu fin Mai 2005.
J’appelle pour avoir des détails, toujours occupé… et puis enfin une personne qui m’indique que ce n’était pas la méthode, qu’il y a des voies… bref, Monsieur, vous ne savez pas vous y prendre.
Bon, j’appelle derechef mon homme d’affaires préféré et je lui explique la situation.
Patrick, Patrick me dit-il, dans ce quartier tout passe par la Liga, il n’y a qu’eux qui peuvent acheter et si tu veux, je les contacte et on se met d’accord sur un prix.
Mais la vente aux enchères ?
Elle aura lieu quand ils auront trouvé un acheteur, à un bon prix, ils achèteront à un prix dérisoire et te revendront le bien.
Chaque quartier à sa Liga, elle à un nom différent selon les zones géographiques, chaque petit commerçant qui n’a pas pu faire face à ses obligations se voit ainsi affligé d’ une double peine. Perdre ce qu’il a pour payer ses dettes et continuer à en avoir, même si son patrimoine couvrait le désastre.
Qui est derrière tout cela ?
Patrick, c’est pas ton affaire, ne cherche pas à savoir, tu veux que j’appelle?
Non merci.








on juin 21st, 2005 at 19:21
Je suis content, 15 jours apr�s ce billet les journaux argentins ont parl� de La Liga et des Ligas qui existent dans le pays. Soit ils me lisent, soit les grands esprits se rencontrent, Mais nous ne sommes ni les uns, ni les autres, de grands esprits, ils doivent donc me lire.
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on avr 11th, 2006 at 14:53
[...] Je suis allé hier à l’agence immobilière qui vendait l’appartement que j’avais repéré dans ma promenade dominicale. Une petite demi-heure d’attente dans un bureau qui n’avait d’attrayant que les boiseries au mur. Bref un pauvre petit bureau tout seul, fade, triste, un petit ordinateur windaubé, 2 sièges dans lesquels nous nous installâmes, ma petite chérie et moi. Arrive enfin la propriétaire des lieux, une agréable publicité pour les régimes d’amaigrissement, dans la version avant le traitement, couverte de bijoux et de produits de beauté collants aux colliers en or dont elle était affublée, mais qui ne laissaient pas trop apparaître leur présence du fait d’une similitude de couleur. Une chance. Raminagrobis envoya la couleur dès le début de la conversation, je suis avant tout un commissaire priseur, nous dit-elle. Pour ceux qui ne connaissent pas les moeurs locales, un commissaire priseur appartient toujours à cette secte. Les autres sont morts, La liga. Avant que nous puissions dire un mot et ce ne fut pas faute d’essayer nous avons du subir l’exposé de ses qualités, honnête et sérieuse, déclinées de maintes et diverses manières. Ici, je vais faire un petit aparté qui servira à nos jeunes ou moins jeunes lecteurs. Dans la vie vous rencontrerez toujours des gens qui, pour d’obscures raisons, tiennent à vous faire immédiatement et de vive voix l’énoncé de leurs qualités. Écoutez, de toute façon ils ne vous laisseront jamais le choix. Notez exactement le contraire de ce qu’ils vous disent et vous ne vous tromperez jamais. J’ai bien dit jamais. Donc honnête et sérieuse, je traduisis immédiatement escroc et j’m’en-foutiste, mais j’avais déjà, avant son arrivée, noté ce deuxième point. Une demi-heure pour faire une offre qui fut qualifiée immédiatement de malhonnête par ce boa constrictor, 10 % en dessous de ce qui est demandé ne peut décemment être qualifiée de ce nom. Je décidais de sortir de cet antre, mais mal m’en pris, il fallut encore que j’essuie de sa part une leçon de morale, qu’elle m’expliqua une énième fois que sa conception des affaires était basée sur la confiance et le sérieux et elle me demanda une nouvelle offre. Je fis passer ma petite chérie, qui commençait à être pâle sachant qu’il m’arrive d’exploser assez violemment dans ce genre de situation, par la porte de sortie, et, me retournant lui dit : Je retire mon offre, effacez s’il vous plaît mon numéro de téléphone de vos tablettes. Nous descendîmes l’escalier qui menait à la rue tout en écoutant cette harpie vociférer, seule, dans cette pièce qui lui sert d’officine. Une fois dehors ma femme me dit : Que bien te portaste ! No lo puedo creer ! Les passants dans la rue doivent encore se souvenir du rire qui nous secoua tous les deux. Eh oui, il y a des jours comme cela, je suis un ange ! [...]
on avr 12th, 2006 at 6:27
Pensez-vous que les Ligas sont limitées à certains quartiers de Buenos Aires ou est-ce que ce système concerne l’ensemble du pays? Mettent-ils la main sur l’ensemble des biens à vendre? Doit-on forcément passer par eux si la vente fait suite à une faillite?
Par ailleurs, félicitation pour votre blog, je le lis tous les jours.
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on avr 12th, 2006 at 6:51
Au départ je pensais cela se passait par quartier, en fait La Liga est une organisation sur tout Buenos Aires.
Dans les autres provinces je ne sais pas
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on août 4th, 2007 at 22:00
Et 15 mois plus tard, en sais-tu plus sur cette organisation ? C’est de la vraie solidarité, ou de la mafia ?
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