On l’a vu depuis deux ans, même une croissance de plus de 8% ne fait pas baisser le chômage ou la misère. Cette croissance due en grande partie à la forte demande de matière première de l’Inde et de la Chine est fragile. Il suffirait d’un ralentissement économique en Chine ou une forte hausse des taux d’intérêt aux États unis pour augmenter les problèmes de tous les pays d’Amérique latine. Le saupoudrage des plans sociaux en Argentine, s’il est bien nécessaire, doit être une mesure provisoire.
Il n’y a que les investissements extérieurs qui pourront développer d’une manière stable l’économie de ce pays. Encore faut-il un cadre juridique acceptable, un état fort en tant qu’état, des institutions fortes, c’est à dire indépendantes du Président de passage, que les politiques cessent de considérer les caisses de l’état ou de leur province comme leur cassette personnelle.
Depuis 10 ans le FMI demande à l’Argentine des réformes structurelles, ces réformes concernent justement ces problèmes, un cadre juridique permettant les investissements, des réformes politiques destinées à renforcer les institutions et éviter le pillage des fonds de l’état par le pouvoir politique.
En ce qui concerne l´excédent fiscal, l’équipe Kirchner et Lavagna ont dépassé les recommandations du FMI, tout en criant que jamais au grand jamais ils n’accepteront cette demande. En ce qui concerne les réformes rien n’a été fait, il n’ont ni la volonté de le faire ni semble-t-il le pouvoir.
Ceci étant il est inadmissible de voir Le Président d’un pays commencer à polémiquer en public avec un chef d’entreprise, quelques soient ses griefs. C’est une attitude qui rabaisse sa fonction. Les institutions et les lois d’un pays n’ont pas à être manipulées par les incantations de celui qui d’une manière provisoire les représente.
On peut parfaitement comprendre le désir d’un pays de gérer ce qui est essentiel pour sa population, l’eau, l’électricité, etc..Faut-il encore avoir les moyens de le faire et se rappeler les raisons pour lesquelles ces services ont été confiés à des entreprises étrangères. Nid de corruption et d’inefficacité…Il me semblerait juste aujourd’hui d’avoir cette mémoire et cette reconnaissance et peut-être d’essayer de négocier une transition et un passage de pouvoir sur quelques années afin de rendre aux argentins des entreprises publiques dignes de ce nom et non de les rendre à un pouvoir syndical corrompu qui ne fera que les transformer en ce qu’elles étaient jadis.
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Dans toute la région, les gouvernements comptent sur la croissance économique en 2005 pour faire des dépenses sociales supplémentaires et renforcer ainsi leur popularité. Après les turbulences de ces dernières années, la vie politique devrait revenir au calme.
Parmi les plus grands pays du sous-continent, seul le Chili connaîtra une élection présidentielle – même si, dans plusieurs autres, notamment le Brésil et le Mexique, le second semestre va être marqué par le début de la campagne électorale pour les présidentielles de 2006. En Argentine, le gouvernement de Néstor Kirchner disputera une importante élection au Congrès en octobre : celle-ci devrait confirmer que sa position au sein du mouvement péroniste au pouvoir est loin d’être hégémonique.
Étant donné les extrêmes inégalités économiques qui sévissent en Amérique latine, un taux de croissance de 4 % n’entraînera qu’une faible diminution de la pauvreté. Certains gouvernements essaieront d’accélérer les choses au moyen de programmes sociaux ciblés. Mais la pauvreté n’en restera pas moins le thème favori des populistes, qui promettront une impossible redistribution des richesses plutôt que de renforcer les institutions et de créer les conditions d’une hausse des investissements.Avec Mike Reid, chef du service Amériques de The Economist








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