Victoria par Keny Arkana
2 939 lecturesKeny Arkana a 24 ans, elle est Argentine. Elle est née à Marseille.
Un grand merci à Stéphanie qui m’a signalé ce petit bijou.
Moi c’est Victoria, née il y a 14 printemps
Dans un village près de Salta dans lequel je vivais avant
Cela fait maintenant, plus de 10 ans,
Qu’avec papa et maman
Mes frères et mes soeurs
On a quitté nos champs.
On est venu s’entasser dans une de ces cabanes, à l’entrée de la ville
C’est papa qui l’a construite, mais elle n’est pas finie
Je n’ai que des vagues souvenirs du village
Maman pleure quand elle m’en parle car elle n’aime pas la vie ici
Des étrangers ont brûlé nos maisons pour nous voler nos terres
Papa s’énerve moi je comprends pas, il parle d’agro-alimentaire
Il dit que les politiques sont des prédateurs qui sèment la peur
Et qu’ils ont un estomac à la place du coeur
Ici pas de travail, aucune prière ne s’exauce
Après les cours avec ma soeur on va vendre des bracelets deux pesos
Et malgré tous ces efforts, demeurent ces jours sans repas
La nuit maman pleure, la nuit maman ne dort pas
Refrain :
No llores hija mia (ne pleure pas, ma fille)
Yo, no perdì las esperanzas (moi, je n’ai pas perdu l’espoir)
Des los bandidos dictadores (des bandits dictateurs)
Jamàs podràn destruir la lucha de los pueblos (jamais ils ne pourront détruire la lutte des peuples)
que no pueden olvidar a sus desaparecidos.(qui ne peuvent pas oublier leurs disparus)
Mon voisin m’a dit pendant la dictature c’était plus dur
Alors j’vais pas me plaindre même si ici y a pas de futur
Moi j’aime bien les études, on m’a dit c’est bien mais inutile
Ici beaucoup ont arrêté avant même de savoir écrire
Dans mon jardin secret, j’cultive le rêve d’être médecin,
Soigner tous ces enfants malades, qui ne mangent pas à leur faim.
J’comprends pas dans la ville j’vois bien tous ces petits faire la manche,
Devant le mépris de ceux qu’on appelle les gens bien.
J’m’interroge, ne voient-ils pas la misère ?
Il nous écrasent pour bénir l’homme venu de l’autre hémisphère.
Papa dit qu’on est traités comme des chiens
Dieu merci j’ai ma famille, plus loin y a des orphelins qui vivent dans les décharges.
Des fois je pleure en cachette,
Mais pas longtemps car j’pense à mes aînées qui ont connu le chant des mitraillettes.
Et puis grand-mère disait toujours, la vie c’est l’espoir,
Si t’en as plus, t’es comme mort, et vivre relève de l’exploit
(Refrain)
Papa est à bout, il a frôlé la folie,
Quand un matin il a appris
Que la banque lui avait volé ses économies
Impuissant, tout le monde était affolé
Il était pas le seul, c’est la nation entière qui s’était fait voler.
Depuis ce jour, avec beaucoup de gens de la ville
Ils bloquent les routes, pour bloquer l’économie du pays
C’est leur façon de se faire entendre
Mais moi j’ai peur quand il s’en va, y’en a qui revienne pas, la police est violente,
Ils les appellent Piqueteros
Et les journaux sont des menteurs
Ils disent que c’est des bandits après il y a des gens qui ont peur
Papa dit, ils peuvent tuer des hommes, mais ils ne tueront pas la mémoire
Les mères des disparus chantent toujours contre l’oubli
On vit le fruit d’une démocratie ratée,
Dans un pays si riche tant d’enfants ont dans le ventre qu’une tasse de Mate.
Parce qu’on est dirigés par la mafia du crime,
Moi j’comprends pas et quand j’demande pourquoi
on m’répond toujours « parce qu’on est en Argentine »
Tags: Keny Arkana

(13 votes, moyenne: 4.77 sur 5)
26 juillet 2007 at 10:51
Déjà entendu en Belgique . Surtout on m’répond toujours . Cette phrase est criante de vérité et elle est dite maintes fois par des argentins ou des personnes vivant en Argentine
26 juillet 2007 at 12:05
De rien
Ces mon mari qui m’a dit “écoute cette chanson… c’est ça l’Argentine !”
26 juillet 2007 at 14:02
Patrick qui nous met du bon son hip hop qui tabasse,
c est comme quand je sors du Bobby Lapointe de ma calebasse.
yo.
C est surprenant mais c est l ouverture, la vraie.
Je conseille le hit alter de Keny, LA RAGE. Le clip est a voir absolument.
Patxi
26 juillet 2007 at 14:09
Effectivement, un petit bijou. Je vous conseille l’écoute de son album “Entre ciment et belle étoile” dans son entier, représentatif d’une partie de la scène rap française, engagée et altermondialiste. Et par-dessus tout, à visioner impérativement et dans son intégralité son documentaire “Un autre monde est possible” :
http://www.dailymotion.com/video/xmeps_keny-arkana-autre-monde-possible
26 juillet 2007 at 14:19
Mais, mon cher Patxi, c’est mon oecuménisme naturel qui ressort. J’ai téléchargé la Rage, aussi, il est dans mon Itunes maintenant après une petite conversion en mp4.
La conversion c’est ce qui attend un bon nombre de personnes au cours de leur vie
26 juillet 2007 at 19:17
Très beau et très digne!
Si quelqu’un peu me dire ou télécharger le fichier musique ou vidéo. Merci
26 juillet 2007 at 20:05
J’avais vu ça chez Monie…sympa ce titre pour le reste pas fan…
27 juillet 2007 at 4:31
J’ai également découvert cette petite merveille il y a de cela 2 semaines (c’est ma copine argentine qui m’a dit regarde !!!). C’est passé à la tv française sur la TNT (sur Europe 2 TV il me semble).
J’ai été surpris de voir un clip de rap français traiter avec justesse une des facettes de l’Argentine. Je dis bien une des facettes (pas la glorieuse évidemment) car l’Argentine est multiple.
Pour plus d’infos sur Keny Arkana allez sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Keny_Arkana
(cette jeune fille a d’ailleurs 24 ans pas 14
A
Arno
27 juillet 2007 at 7:08
[quote post="3032"]cette jeune fille a d’ailleurs 24 ans pas 14[/quote]
merci, corrigé
29 juillet 2007 at 20:47
C’est une nouvelle fois le rap, inexplicablement, qui vient traiter d’un sujet douloureux. A mon sens une vision certes partielle mais juste de l’Argentine, que nous avons tendance à occulter lorsque nous vivons au coeur de Buenos Aires, à fréquenter une population gravitant dans les quartiers résidentiels de la ville, tels Belgrano ou Palermo… Une histoire d’autant plus vraie à mes yeux que les images du clip ne me sont pas inconnues.
Très bon intermède qui permet de calmer nos ardeurs à la vue des bife de chorizo présentés juste après…
29 juillet 2007 at 23:32
[...] que le blog Argentine au jour le jour nous fait partager en musique la réalité de la situation économique en Argentine, il est temps pour moi de traiter du sujet des [...]
7 août 2007 at 19:25
Parce que je connais Keny depuis 2 ans déjà et que je la respecte j’ai du mal a entendre parler de téléchargement de son album… Achetez le!!!!
Son album “entre ciment et belle étoile” est a couper de souffle, on se prends la réalité des chsoes en pleine face, la connerie de notre systéme..
Voici quelques paroles de keny a l’ Appel aux sans voix - 28 mars 2007 - Paris
“Si tu construis sans le système, il tombe de lui même,
Si demain, il n’y a plus de consommateur, il n’y a plus multinationale,
Si demain, il n’y a plus d’électeur, il n’y a plus de président, plus de gouvernement,
Si demain, il n’y a plus tout ça,
Si demain, on arrive à nous auto-oraganiser sans lui, il n’y a plus de système,
On doit déjà se changer interieurement car on fonctionne nous même comme le système,
Si on arrive à annuler cette soif de pouvoir, cette soif d’argent,
Si vraiment on se reconcentre sur l’humanité,
Que le bonheur de mon frère soit aussi important que le mien,
Que le bonheur de ma soeur soit aussi important que le mien,
C’est comme ça qu’on changera les choses parce qu’ils ne pourront plus nous diviser”
Que la lucha sigue ma soeur, big up et Respect a Toi!!!
7 août 2007 at 20:54
les téléchargements vidéo sont proposés depuis son site personnel !
Pour le reste vous avez trouvé quelque chose ici ?
8 août 2007 at 10:47
Didie, tu sa déjà vécu quelques années à l’autre bout du monde?
La francophonie et /ou la cuture de ton pays d’origine te manque (que tu sois français, marocain, russe, américain, tibétain,… Et encore aujourd’hui nous avons la chance, car il y a Internet, je te laisse imaginer il y a vingt ans, je lisais les journaux européen avec 7 jours de retard (et encore il était envoyé par avion).
Tu as déjà été demandé un cd de Kenny Arkana chez un disquaire du fond de l’argentine ?
Moi je l’ai fait, et il ne connaisse pas… ; alors en attendant de retourner un jour en Europe pour acheter le cd, il existe pour découvrir l’artiste > le téléchargement. Keny Arkana l’a bien comprise, puisque tu peux télécharger un échantillon depuis son site, cela permet de faire des adeptes à sa créativité.
Alors en attendant ce n’est pas la peine de jouer les effarouchés, et d’accuser à tort ce site et n’importe qui, surtout quand je n’y ai pas rencontré le moindre téléchargement illégal.
.
Paix à ta révolution
8 août 2007 at 17:50
Tkt je te comprends, et je ne parle pas des téléchargements légaux, en fait je vise les personnes qui peuvent trouver le Cd de Keny a 5 min de chez eux a, a peine 15 euros, tu vois, et ca m énerve d’entendre parler de Emule, ou je ne sais quel logiciel pour avoir du son.
Meme si je sais que pour Keny, l’essentiel c’est que le peuple l’entende et la comprenne peu importe la facon…
Big up…
8 août 2007 at 18:10
OK Didie, pas de problème et sans rancune.
29 septembre 2007 at 8:07
oui je les vu le musique et trop bien
3 octobre 2007 at 17:36
Magnifique! les paroles, le clip tout est emouvant et criant de vérité!
dommage qu on puisse pas avoir les paroles espagnols en entier car j aimerai savoir ce que dit a la fin claudio ernesto gonzales
en tout cas bravo
17 octobre 2007 at 19:44
Victoria - Keny Arkana feat Claudio E.Gonzalez - Sept 2005
Moi c’est Victoria, née il y a 14 printemps
Dans un village près de Salta dans lequel je vivais avant
Cela fait maintenant, plus de 10 ans,
Qu’avec papa et maman
Mes frères et mes soeurs
On a quitté nos champs.
On est venu s’entasser dans une de ces cabanes, à l’entrée de la ville
C’est papa qui l’a construite, mais elle n’est pas finie
Je n’ai que des vagues souvenirs du village
Maman pleure quand elle m’en parle car elle n’aime pas la vie ici
Des étrangers ont brûlé nos maisons pour nous voler nos terres
Papa s’énerve moi je comprends pas, il parle d’agro-alimentaire
Il dit que les politiques sont des prédateurs qui sèment la peur
Et qu’ils ont un estomac à la place du coeur
Ici pas de travail, aucune prière ne s’exhauce
Après les cours avec ma soeur on va vendre des bracelets deux pesos
Et malgré tous ces efforts, demeurent ces jours sans repas
La nuit maman pleure, la nuit maman ne dort pas
Refrain :
No llores hija mia ( ne pleure pas, ma fille )
Yo, no perdì las esperansas ( moi, je n’ai pas perdu l’espoir )
Des los bandidos dictadores ( des bandits dictateurs )
Jamàs podràn destruir la lucha de los peublos ( jamais ils ne pouront detruire la lute des peuples )
que no pueden olvidar a sus desaparecidos.( qui ne peuvent pas oublier leurs disparus )
Mon voisin m’a dit pendant la dictature c’était plus dur
Alors j’vais pas me plaindre même si ici y a pas de futur
Moi j’aime bien les études, on m’a dit c’est bien mais inutile
Ici beaucoup ont arrêté avant même de savoir écrire
Dans mon jardin secret, j’cultive le rêve d’être médecin,
Soigner tous ces enfants malades, qui ne mangent pas à leur faim.
J’comprends pas dans la ville j’vois bien tout ces petits faire la manche,
Devant le mépris de ceux qu’on appelle les gens bien.
J’m'interroge, ne voient-ils pas la misère ?
Il nous écrasent pour bénir l’homme venu de l’autre hémisphère.
Papa dit qu’on est traités comme des chiens
Dieu merci j’ai ma famille, plus loin y a des orphelins qui vivent dans les décharges.
Des fois je pleure en cachette,
Mais pas longtemps car j’pense à mes aînées qui ont connu le chant des mitraillettes.
Et puis grand-mère disait toujours, la vie c’est l’espoir,
Si t’en as plus, t’es comme mort, et vivre relève de l’exploit
Refrain :
No llores hija mia ( ne pleure pas, ma fille )
Yo, no perdì las esperansas ( moi, je n’ai pas perdu l’espoir )
Des los bandidos dictadores ( des bandits dictateurs )
Jamàs podràn destruir la lucha de los peublos ( jamais ils ne pouront detruire la lute des peuples )
que no pueden olvidar a sus desaparecidos.( qui ne peuvent pas oublier leurs disparus )
Papa est à bout, il a frolé la folie,
Quand un matin il a appris
Que la banque lui avait volé ses économies
Impuissant, tout le monde était affolé
Il était pas le seul, c’est la nation entière qui s’était fait voler.
Depuis ce jour, avec beaucoup de gens de la ville
Ils bloquent les routes, pour bloquer l’économie du pays
C’est leur façon de se faire entendre
Mais moi j’ai peur quand il s’en va, y’en a qui revienne pas, la police est violente,
Ils les appellent Piqueteros
Et les journaux sont des menteurs
Ils disent que c’est des bandits après il y a des gens qui ont peur
Papa dit, ils peuvent tuer des hommes, mais ils ne tueront pas la mémoire
Les mères des disparus chantent toujours contre l’oubli
On vit le fruit d’une démocratie ratée,
Dans un pays si riche tant d’enfants ont dans le ventre qu’une tasse de Mate.
Parce qu’on est dirigés par la mafia du crime,
Moi j’comprends pas et quand j’demande pourquoi
on m’répond toujours « parce qu’on est en Argentine »
18 octobre 2007 at 15:20
j adore la musique elle et trop bien
23 novembre 2007 at 20:47
Puisqu’on en parlait…
Le portrait de Libé :
http://www.liberation.fr/transversales/portraits/293226.FR.php
24 juin 2008 at 16:19
mon dieu quel horreur.
Rendez nous Soda Stereo et Los Pericos, Pibes Chorros à la limite.