Vous avez dit prédateur

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Vendredi 9 mars 2007 - 11:24

Ce fut la phrase qui par ici a mis le feu aux poudres :
Le Brésil et l’Argentine sont de véritables prédateurs. Ce sont des pays qui voudraient venir sur nos marchés, que nous abaissions nos droits de douane sans pour autant faire la moindre contrepartie pour que nous entrions chez eux.
Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture.
Il est vrai que les conditions économiques et géographiques, les salaires, les charges, les impôts, constituent un avantage pour ces pays qui fait que toute concurrence est impossible.
Il est vrai que cela mettrait l’agriculture et l’élevage en Europe au bord de la faillite. Sans parler des emplois qui seraient ainsi perdus.
Quelque soit la maladresse de cette remarque elle est pleine de bon sens.
Mais,
Nous avons nous aussi nos prédateurs internes, les délocalisations, les services qui se traitent à l’extérieur, la comptabilité ou la paye en Inde par exemple, les call centers un peu partout.
Je lisais même ce matin que Capgemini aura en 2010 deux fois plus d’ingénieurs en Inde qu’en France et que d’ici trois ans, 40 % du total des effectifs de la société de services informatiques (SSII) se trouveront en Inde. Ce n’est pas la seule société dans ce cas.
Tout le monde pourra rajouter à souhait les exemples qu’il connaît.
Le plus difficile à comprendre c’est que les consommateurs européens, eux non plus, ne font pas preuve de bon sens et cherchant systématiquement le meilleur prix sans se soucier de sa provenance travaillent ainsi à leur perte.
L’État, les entreprises, les particuliers sont de grands donneurs de leçons surtout lorsqu’il s’agit de juger les actions de l’autre.
Nous sommes tous des prédateurs.

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10 commentaires pour “Vous avez dit prédateur”

  1. negro a dit:

    Bon sens!! parce que vous imaginez,en plus de la perte du pouvoir d’achat qu’on a depuis l’euro,on va chercher l’article national,à qualité égale,pour le payer plus cher!!!

  2. Loko a dit:

    L’agriculture est le seul moyen pour les pays du tiers monde de pouvoir se développer grâce aux ventes en Europe. L’OMC et la PAC en ont décidé autrement ! Alors que vous européen vous ne vous gênez pas quand il s’agit de venir racheter des entreprises et piller nos pays Sud américains…

  3. Victor Tiravanti a dit:

    Comme quoi les bêtes et méchants c’est tjs les autres…parlons-en: le transgénique quand ça se fait dans les grandes plaines d’Amérique du Nord personne n’en parle, alors que depuis qu’on l’a développé en Argentine et au Brésil (non sans risques mais avec un succès indéniable) nous sommes devenus LES pourrisseurs de l’environnement, LA concurrence déloyale… c’est à en mourir de rire! Du coup il faut sauver la forêt amazonienne alor que pendant des siècles personne n’a songé aux forêts d’Europe qui ont disparu et à la contamination des fleuves européens… eh oui, les prédateurs c’est tjs les autres!

  4. Patrick a dit:

    Vous devriez voir ça Victor

  5. Patrick a dit:

    J’adore les images d’Épinal de cette nature. Les exportations agricoles profitent seulement à quelques riches propriétaires terriens qui investissent leurs bénéfices à Miami ou sur la Côte d’Azur, et qui continuent à payer une misère leurs ouvriers agricoles. C’est l’exacte situation en Argentine. Croyez-vous vraiment que cela améliore la situation de ces pays ?
    Quant au pillage des ressources, joyeux descendants de conquistadores, vous avez la mémoire courte.

  6. Victor Tiravanti a dit:

    Patrick vous aimez trop les généralisations, la hausse des exportations agricoles ne bénéficie pas que les “riches propriétaires terriens” comme vous dites; dans la province d’Entrerios, où les petits exploitants agricoles sont nombreux, la culture intensive du soja leur a permis de se relever de la situation désastreuse de la décennie de la “convertibidad”, d’enrayer leurs dettes et de s’enrichir. Allez voir aussi du côté de Rosario et de Santa-Fé, ça respire la prospérité, et ce ne sont pas seulement les riches qui en profitent. Bien sûr cela ne se fait pas du jour au lendemain, mais la prospérité est bien là. Quant aux OGM, on en fait tout un plat ( avec en prime, un brin de ton paternaliste): les agriculteurs ne sont pas dupes, ils en connaissent les bienfaits mais aussi les dangers…
    Pour ce qui est des “descendants des conquistadores”, ils ne sont certainement pas parmi nous, les argentins, pauvres descendants de paysans italiens, espagnols ou basques français!

  7. Patrick a dit:

    Note à l’intention des lecteur :
    Un petit exploitant agricole en Argentine doit exploiter entre 10 et 20 fois plus de surface qu’un petit exploitant en Europe.

  8. Victor tiravanti a dit:

    Dans un pays qui fait cinq fois la France et un peu plus de la moitié de sa population, c’est tout à fait normal… cela ne le transforme pas en “riche propriétaire terrien” pour autant!

  9. Doxy a dit:

    “Du coté de Rosario et St. Fé ça respire la prospérité” mon oeil, oui, en pleine région sojera, le sud de la prov.de St. Fé ou je vais tous les ans, la prospérité la respirent les nantis de toujours,ceux qui ont des milliers d’hectares,des nouveaux 4×4,des investissements dans des propriétés dans la Capital,mais l’argent de récoltes ne vont pas dans le commerce local,qui est sinistré depuis des années,tous les ans je vois la pauvreté des gens,toujours avec des salaires de misère,surtout les employés agricoles,et en plus, la dégradation de la nature,la faune autochtone n’a plus de place pour vivre et se reproduire, les oiseaux,en gral. insectivores ne trouvent pas de la nourriture dans les champs,c’est incroyable,les teros,horneros,calandrias s’installent en ville,ainsi que les petits mammiferes,çela n’est q’un exemple des changements qui entraînent les OGM et la monoculture,ne parlons pas de nuisances pour la santé qui produisent les épandages avec des produits chimiques de plus en plus abondants,et comme ils cultivent du soja dans les moindres terrains avoisinant les habitations les gens en bouffent,les récoltes produisent de l’argent pour la Nation,et sers à payer la dette,qui a produit la corruption,mais ne revient pas au peuple et à long terme hypotheque l’avenir du pays

  10. Patrick a dit:

    À voir aussi

    CCFD - Viviana Quaranta, Argentine
    La propriété de la terre a toujours été concentrée en Argentine, mais un nouveau processus s’est engagé avec le développement du soja : la majeure partie des terres est passée aux mains de 6000 propriétaires. Les paysans de San Javier n’ont pas connu de délogements armés comme ceux de la province de Santiago del Estero. En revanche, ils sont victimes de sortes de délogements « légaux » : ils sont obligés d’abandonner leurs terres parce que leurs superficies sont trop petites pour survivre, qu’ils n’ont pas accès aux services et à l’électricité. D’autant plus que la plupart n’ont pas de titres de propriété. Il y a bien une loi qui donne droit à la terre après vingt ans d’occupation, mais les démarches administratives et judiciaires sont coûteuses.

    N’oubliez pas de lire l’article en entier

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