



(1 votes, moyenne: 3 sur 5)Ce billet a été édité le Jeudi 13 juillet 2006 à 7:37 et est classé dans la catégorie Mondial 2006. Vous pouvez laissez un commentaire, ou un trackback depuis votre blog.
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Samir Kamble
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13 juillet 2006 à 18:35
Impardonnable, dis-tu…
Patrick, on t’a connu bien moins moraliste/La Rochefoucaud/Segolene que ca, jusqu’a present, sur des sujets bien plus croustillants. POur notre plus grand plaisir d’ailleurs.
Ce geste de rapprochement viril vers ce plexus transalpin, offert au monde entier, n’a a mon gout rien de lamentable..deroutant, au pire, sur le moment, mais je comprends parfaitement qu’il fascine depuis 5 jours la planete entiere. Pas seulement pour le condamner aussi clairement.
Le refoule finit toujours par se venger.
Comme l’a ecrit un type des cahiers du foot, qui d’autre que ZZ pour sortir ZZ?
En tout cas, quel plaisir d’entendre enfin Zizou, le minot de la Castellane, ou le taux de chomage atteint les 60%, sur la fin de cet entretien avec l’innenarrable Claire Chazal, condamner avec calme, humanisme et precision les propos scandaleux tenus par un Ministre d’Etat italien.
La banalite raciste progresse dangereusement en Europe, et Zizou a un boulevard qui s’ouvre a lui pour en parler et le denoncer, tranquillement, depuis sn nouveau statut de retraite tragico-legendaire.
C’est la premiere fois qu’il s’empare de ce flambeau de la sorte.
Zizou se libere enfin.
J’ai adore ce petit article tout simple:
Asunto: Le geste ultime de Zizou, homme libre
Métamorphosé en bien public, le meilleur joueur du monde était censé agir
selon nos désirs, non selon ses instincts.
Le geste ultime de Zizou, homme libre
Par Etgar KERET
Liberation-QUOTIDIEN : Jeudi 13 juillet 2006 - 06:00
Etgar Keret écrivain israélien.
«H onteux, impardonnable», «une terrible tragédie», «manque de
responsabilité catastrophique», autant de citations de quotidiens de ces
derniers jours. Non, elles n’évoquent pas le génocide au Rwanda ni
l’effroyable catastrophe ferroviaire en Espagne, mais un carton rouge sorti
contre un footballeur, l’un des quelque vingt cartons rouges du dernier
Mondial. Et seul ce carton rouge a réussi à jeter hors d’eux des milliards
de spectateurs et les médias de la planète. Cette expulsion, considérée de
sang-froid, n’a rien d’extraordinaire. Il ne s’agissait pas, en
l’occurrence, d’un joueur s’essuyant les crampons, de bon coeur, sur un
adversaire afin de le blesser ou d’une agression susceptible de mettre fin à
la carrière d’un joueur, mais d’une perte de contrôle momentanée, habituelle
dans un sport aussi «hormonal» que le foot. Seulement voilà… Cette fois,
il s’agit de Zinédine Zidane, un joueur qui, depuis des lustres, a cessé
d’être autonome et en droit de prendre les pires décisions et s’est
métamorphosé, à son corps défendant, en bien public. Comme une terre
réquisitionnée afin d’y construire une autoroute, Zidane est devenu notre
propriété. La possession des citoyens du monde et des médias prétendant
exprimer ces derniers. Et, comme tous les actionnaires, nous tous exigeons
de Zizou qu’il se conduise selon nos désirs et non, qu’à Dieu ne plaise,
selon ses instincts et ses faiblesses d’homme.
En 1998, le monde entier a vu un Ronaldo pétrifié en finale. En 2006, nous
avons pu jouir du spectacle d’un Ronaldinho paralysé et effrayé par les
attentes pesant sur ses épaules. Zidane n’a jamais pris en compte son
statut: le jeu a toujours été plus fort que le public des gradins et ses
exigences. Sur la pelouse, il avait devant lui son adversaire, les filets,
mais non les milliards de ses supporters. Le but qu’il a marqué à la 9e
minute de la finale a en donné la preuve écrasante. Si Beckham ou Nedved
avaient dû tirer ce penalty, ils l’auraient sûrement fait, non sans un peu
de pression, avec une frappe droite et puissante… qui eût pu passer à côté
du cadre. Mais Zidane, lui, a frappé la balle avec la sophistication un rien
nonchalante d’un môme jouant dans la cour de sa maison. Avec ce penalty le
plus «banlieusard» de l’histoire du Mondial, il nous a confirmés pour la
centième fois que le plaisir du jeu est plus puissant que toutes les
ambitions, les aspirations et l’argent liés au statut. Quatre-vingt-dix
minutes plus tard, Zidane n’a pas dérogé à son code. Ni la solennité de
l’heure, ni les attentes des médias, ni le happy end que des milliards de
gens avaient écrit pour son histoire ne l’ont dissuadé.. Zizou, c’est Zizou,
qui vit l’instant et réagit comme de nombreux joueurs des rues réagissent
quand on les insulte. Son geste n’était ni intelligent ni sportif, mais,
d’une manière étrange, cela a été la manifestation ultime de sa liberté. Ce
joueur qui a feinté tant de ses adversaires, nous a feintés aussi par ses
initiatives déroutantes et, par son explosion de colère, il a choisi de
terminer sa magnifique carrière non comme un «professionnel» ou comme une
«légende» mais comme un individu, chaleureux, sensible et pas toujours
mesuré. Un homme qui, par hasard, est le meilleur footballeur du monde.
13 juillet 2006 à 18:41
J’ai dit impardonnable… il l’a dit aussi.
14 juillet 2006 à 11:12
«Je ne regrette pas»
«Quotidien d’un joueur». Il subsiste une impression d’ambivalence, que Zidane a décidé d’assumer. Hier, il était parfaitement calme, maître de lui-même. Surtout, tous les footballeurs composent depuis des lustres c’est déplorable, mais c’est comme ça avec les insultes en tous genres. On n’apprendra rien aux footeux amateurs, qui se font parfois dérouiller pour un regard et que la superbe de Zidane assumant son geste ne va certainement pas arranger. Quant aux joueurs de L1, au rayon insultes, ils ont des choses à raconter toutes les semaines. Le Niçois Anther Yahia nous avait donné le point de vue de la profession là-dessus : «C’est le quotidien d’un joueur. Si le mec réagit, c’est lui qui prend : parce qu’il est professionnel et qu’on demande à un professionnel de garder son sang-froid.»
Lilian Thuram, qui a eu une conversation avec Zidane sur le sujet après la finale, n’a pas dit autre chose sur France 2 : «Zidane a réalisé après coup qu’il était tombé dans le piège italien.» L’étonnant est que l’ex-meneur de jeu du Real Madrid s’y soit laissé prendre à 34 ans. Quand David Beckham avait été expulsé contre l’Argentine lors d’un 8e de finale du Mondial 1998 après avoir été provoqué tout le match, il n’avait que 23 ans. Ensuite, il avait fait acte de contrition, expliquant qu’il avait pénalisé son équipe.
Zidane n’a rien fait de tel hier. Il n’a pas eu un mot pour ses équipiers, auxquels il a peut-être coûté le titre mondial. Il n’a pas eu un mot non plus pour l’Italie, meilleure équipe de la compétition et logique championne du monde. Il a donné l’impression de jouer avec le feu.
15 juillet 2006 à 2:52
Dans l’exercice de style ‘interview du Zizou post coup de boule’ Denizot sur C+ est autrement moins chiant que Claire Chazal.
29 décembre 2006 à 18:35
Je sais que ça paraît dément mais sur http://www.rankopedia.com, Zidane n’est pas le meilleur joueur français de tous les temps. C’est Platini qui arrive en tête.